79ès Championnats de France seniors - Dreux  (28) - 21 au 23  mai 2009

 

26/05/2009 à 16h00

 


RETOUR SUR UN TITRE
 

72h après son premier titre de champion de France, Emmanuel Lebesson revient sur sa victoire à Dreux, sa saison... Interview.

 


Emmanuel Lebesson disputera à partir de vendredi l'open de Biélorussie. (Photo V. Kovacs)

 

72h après ton titre comment analyses-tu ta victoire ?
Forcément j'y pense beaucoup. C'est vrai que c'était une super compétition. Je ne m'attendais pas à réaliser un tel truc, je visais le podium. J'ai dû m'employer pour passer le 1er tour. Cela m'a permis d'être immédiatement sous pression. Je suis très vite rentré dans l'épreuve. C'est une compétition où je n'avais jamais franchi le 1er tour en quatre participations. Je voulais montrer aux gens, que l'on obtient pas des sélections parce qu’on est à l’Insep mais par ce qu'on est capable de développer un certain niveau de jeu.

Au niveau de la qualité de ton jeu, est-ce ta compétition la plus aboutie ?

Il y a le titre au bout mais c'est je crois que c'est sur la finale que j'ai produit le match le plus accompli. J'ai notamment été très rigoureux en service-remise.

Es-tu conscient que ton système de jeu fait peur ?

C'est un jeu très agressif qui peut bousculer voire étouffer mes adversaires. J'ai su développer un gros niveau de jeu à plusieurs reprises en Pro A cette année. Avec ce système là, je peux aussi devenir friable, il y a donc un équilibre à trouver.

L'efficacité de ton coup droit n'est pas sans rappeler celui d'un illustre aîné ?

La comparaison avec Gatien ? Je ne fais pas attention à cela même si nos styles peuvent se rapprocher. Gatien possédait un coup droit incroyable et infaillible. Moi j'en suis loin encore. En terme de puissance, ça peut être comparable mais il possédait une telle régularité, il pouvait enchaîner 5 ou 6 coups droits alors que moi après 2 ou 3.... Il faut que je tende vers ça. Mais les comparisons sont difficiles : ce n'est pas la même époque et le matériel a aussi évolué.

On parle de Gatien mais sur le podium tu t'es retrouvé avec les trois Mousquetaires autour de toi à Dreux, c'est surprenant, non ?

Ils sont encore présents et très compétitifs, la preuve ! Chaque année les journalistes ou des gens du milieu annoncent que " c’est la fin" mais ils sont toujours là. A partir des demies, il fallait aller les chercher, c'était un regain de motivation et j'avais moins de pression que les premiers tours.

Tu as débuté le ping à 5 ans alors que Gatien était champion du Monde cette année là. Te nourris-tu de l'expérience des anciens ?

Ce sont des modèles, évidemment. Mais ma référence, c'est Philou. J'ai l'occasion de parler parfois avec lui. Je discute aussi souvent avec Patrick (Chila) et l'an prochain on jouera ensemble à Levallois, c'est un plus. Cela tourne autour de leur vécu, de leur vision, ils m'indiquent les pièges à éviter.

Après la finale, on a d'ailleurs vu les Mousquetaires venir vers toi...

Ils m’ont félicité de mon parcours et m'ont dit : bienvenu au club (des champions de France). Ils m'ont surtout dit de savourer ce titre.

Que vas-tu faire du fameux vase de Sèvres ?

C'est marrant parce que j'ai visité l'appartement de Damien lorsqu'il l'a mis en vente. Il ma dit : "tu vois quand tu as un vase de Sèvres chez toi, c'est un bon signe." Ca m'a marqué... Mes parents sont amateurs d'art alors il sera chez eux.

Denis Micchelotto, ton coach à Saint-Denis a été frappé par la sérénité qui a entouré la préparation de la finale...

Je me suis isolé après la demi-finale, je ne suis pas resté dans la salle. Je venais de battre Patrick le champion de France en titre et il y avait beaucoup de monde dans la salle. Il y a avait du temps entre la demie et la finale, je voulais être peinard, ne pas penser à l'enjeu. Je me suis reconcentré sur la finale 1h30 avant.

Ce titre arrive alors que c'est plutôt Adrien Mattenet que l'on attendait...

Il ne faut pas se le cacher : il a réalisé une saison incroyable. J'étais toujours devant lui en jeunes. II m'a non seulement dépassé mais j'ai pris un train de retard. Il m'a mis une "tempête". Il compte pas mal d’avance et j'ai à cœur de le rattraper, de m'accrocher derrière lui. La concurrence est super saine entre nous. Je me suis rendu compte qu’il travaillait deux fois plus que moi, sa progression est normale et logique. Il a beaucoup et bien travaillé et il est payé en retour. Depuis quelque mois, cela m'a poussé pour travailler plus, à un rythme plus élevé.

Le titre de champion de France redore une saison internationale un peu mièvre...

J'ai fait un bon championnat d'Europe par équipes mais depuis je n'ai pas réalisé une bonne saison internationale. Je suis réaliste, je n'ai pas réussi beaucoup de performances. J'ai eu des occasions dans la saison, avec parfois des balles de match, mais je n'ai pas su les saisir. Il va falloir rectifier cela et j'espère que le titre va m'aider à franchir un nouveau palier.

Quel a été le moment clef dans ta jeune carrière qui te prédestinait au Haut niveau ?

En fait, c'est mon passage de 14 à 16 ans à Talence qui m'a endurci. C'est là que j'ai su que je voulais jouer eu ping, que j'étais fait pour ça. C'est en arrivant à l'Insep que je me suis dit que je pourrais en faire mon métier.

D'accord mais à cet âge là on n'est pas le seul à décider...

Mes parents me soutiennent dans le projet mais il est certain qu'au début  mon père était réservé sur le potentiel à peut-être vivre du ping. J'étais plutôt prédestiné à reprendre la pharmacie familiale. Le fait d'être champion de France, même si ce n'est pas une fin en soi, c'est une étape importante. Ca leur fait dire que j'ai le niveau et cela valide mon choix.

Du côté de Niort, on a vu un entraîneur très heureux...

Claude Bard a été super important dans ma progression. A Souché Niort, c'est lui qui m'a fait bosser du tout début, j'avais 5 ans, jusqu'à mes 14 ans. Je trouve que c’est un super formateur. Au départ il m'a laissé jouer puis il a su m’orienter, me faire travailler en individuel. Ensuite de 14 à 18 ans, il m'a coaché. Nous sommes toujours en contact et j'irai bientôt fêter le titre avec mon club formateur qui a aussi le bonheur d'avoir dans ses rangs la championne de France.

Ces  chiffres* qui entourent a victoire , tu y crois toi ?

Non je ne suis pas superstitieux et je n'y ai pas pensé. Après la finale ma mère m'a seulement dit "le 79ème, il était pour toi." 79, c'est mon département où j'ai toujours été très soutenu.

Quel est ton programme ?

Ce soir il y a la rencontre de Pro A à la Romagne, ce sera mon dernier match sous les couleurs de Saint-Denis et il y aura ma famille et celle de ma copine. Je pars ensuite en Biélorussie pour l'open du Pro-Tour. Ensuite, on va s'entraîner à l'Insep tout le mois de juin pour préparer les Jeux Méditerranéens et les Universiades où nous avons les moyens d'aller chercher des médailles.

* Pour les supersticieux, cette victoire n'est pas tout à fait le fruit du hasard :
- Lebesson vient de fêter ses 21 ans et il est le 21ème champion de France,
- son département d'origine est le 79 et il s'agissait de la 79ème édition à Dreux,
- c'est à Tours en 2004 qu'il décrocha son premier titre de champion de France (juniors), déjà dans la région Centre,
- son système de jeu n'est pas sans rappeler celui de Jean-Philippe Gatien sacré champion du Monde, le 23 mai 1993... 16 ans jour pour jour où Lebesson s'est imposé,
- originaire des Deux-Sèvres... c'est un vase de Sèvres offert par la République qu'il a reçu pour sa victoire.
 

 

Emmanuel Lebesson en bref :

Né le 24/04/1988 à Niort (Deux-Sèvres)
Club :
US Saint-Denis TT (puis Levallois SC pour la prochaine saison), s’entraîne à l’INSEP
N°121 mondial au 1er mai 2009

2009 : Champion de France Simple à Dreux

2008 :
Médaille de Bronze Double (avec A. Mattenet) – ITTF Pro-Tour – Grande Finale à Macao
Médaille d’Or Simple – Tournoi moins de 21 ans – ITTF Pro-Tour - Open de Slovénie
Champion de France Double (avec A. Mattenet) – Antibes

2007 :
Médailles d’Or Simple – Tournoi moins de 21 ans – ITTF Pro-Tour - Open de France à Toulouse et Open de Russie

2006 :
Médaille d’Argent Simple – Tournoi moins de 21 ans – ITTF Pro-Tour - Open de Russie

2005 :

Champion d’Europe Juniors par équipes
 à Prague
Vice-Champion de France Simple Juniors à Angoulême

2004 :
Champion de France Simple Juniors à Tours

2003 : Médaille de Bronze Double Mixte Cadets (Kont - Rom) – Championnats d’Europe Juniors – Novi Sad
 

MEDIA :

Retransmissions TV : comme chaque année, Sport + est le diffuseur exclusif des championnats de France avec les moyens de production mis en place par la fédération. Première diffusion le mardi 26 mai à 20h30. Rediffusions mercredi 27 mai à 10h30 et jeudi 28 mai à 14h30.

Et 10' des meilleurs moments des 1/2 et des finales, dès jeudi sur le site de la fédération : fftt.com

 

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