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© Jean-Christophe Fraisse / Metz TT
© Jean-Christophe Fraisse / Metz TT

C. Grundisch : "Un pur plaisir de revenir"

Publié le : 28/09/2017
Modifié le : 28/09/2017

Revenue en juin dernier d’un périple de neuf mois autour du monde, Carole Grundisch a retrouvé son club de Metz avec lequel elle a entamé la saison de Pro A mardi soir (défaite 1-3 contre Joué-lès-Tours).  L’occasion de revenir sur son voyage au long cours et de parler de ses projets d’avenir, notamment celui d’entraîner.

Quand est né votre projet de tour du monde ?

J’ai toujours aimé voyager et depuis que je suis ado, je rêvais de partir autour du monde. Ça n’avait jusqu’ici pas été concevable, entre contraintes scolaires et sportives. Le projet s’est concrétisé au début de la saison 2015/2016, je me suis dit que je partirais à la fin de la saison, j’avais prévenu mon club. Du coup, avec l’amie qui m’a accompagnée, nous nous sommes organisées en consultant pas mal de blogs, nous avons déterminé les pays que nous voulions absolument visiter et réservé des billets échangeables en termes de dates, nous sommes parties avec nos sacs à dos il y a un an, en septembre, après les Jeux Olympiques.

Quels ont été les moments marquants de ce tour du monde ?

Tous les pays m’ont marquée mais je citerais trois coups de cœur : les deux mois au Népal avec deux gros treks, un gros choc, c’était la première étape de notre voyage ; ensuite, la Nouvelle-Zélande, le pays que j’avais mis en n°1 sur la liste de ceux que je voulais voir, je n’ai pas été déçue, nous avons fait beaucoup de randonnées dans des paysages d’une beauté hallucinante. Enfin, l’Equateur, un pays avec peu de touristes, des locaux adorables, des distances très courtes qui permettent d’enchaîner ascension d’un volcan à plus de 6000 mètres, randonnée dans la jungle et séjour en bord de mer.

L’expérience a dû vous marquer…

Oui. D’ailleurs, quand je joue, j’y pense, je me dis parfois : « Si là, Carole, tu trouves que le match est dur, souviens-toi quand tu étais gelée et que tu n’en pouvais plus après huit heures de marche, à 6300 mètres d’altitude ! » Tout de suite, ça remet les choses en place. Et pendant les matchs, je bois dans la gourde que j’ai achetée en Nouvelle-Zélande et qui a fait le voyage avec moi, ça fait remonter des souvenirs !

La reprise du tennis de table a-t-elle été difficile ?

Non, déjà parce que je suis rentrée le 6 juin et que j’ai repris l’entraînement ping le 14 août, ce qui m’a permis de profiter de l’été en France. Ensuite, parce que j’avais envie : c’est moi qui ai contacté le club pendant mon voyage pour lui dire que je revivrais bien une petite aventure avec eux. La première semaine a été un peu compliquée, le corps était un peu raide, mais comme après tout arrêt de plus de trois semaines. Et au final, c’était un pur plaisir, j’étais tellement contente de reprendre la compétition et de retrouver les gens de ce club que c’est revenu beaucoup plus rapidement que je ne le pensais, un peu comme le vélo ! Au point que je suis arrivée sur le match de mardi en pleine possession de mes moyens, en sachant plus ou moins où j’en étais, j’avais quelques matches références d’entraînement.

Comment s’est passée cette rentrée avec Metz ?

A titre collectif, c’était compliqué, parce que notre nouvelle recrue chinoise (Liu Xin) n’est toujours pas arrivée à cause de problèmes de visa, donc sans notre n°1, ce n’est pas la même équipe. En plus, manque de chance, notre n°3, Yunli Schreiner, s’est blessée la veille à l’entraînement. Avec Pauline (Chasselin) qui est encore jeune et moi qui revenais après une année sans jouer, c’était un match compliqué à aborder. Les entraîneurs ne nous avaient pas mis de pression, mais c’est dur de commencer par une défaite à domicile, pour le champion de France en titre, ça fait un peu mal. Après, à titre personnel, c’est plus que satisfaisant : j’ai battu une fille (Irina Ciobanu) en pleine progression contre laquelle j’avais perdu la dernière fois que je l’avais jouée, et en plus j’ai gagné avec la manière. Mon deuxième match, je perds contre une fille mieux classée que moi (Li He), c’est un 3-0 logique, mais l’attitude, les sensations et l’état d’esprit général étaient bons.

Ces deux matchs vous ont-ils rassurée sur votre niveau, après un an d’absence ?

Rassurée, je ne sais pas si c’est le mot, je n’avais pas forcément besoin d’être rassurée, je n’avais pas des attentes extraordinaires. Ça m’a en tout cas encouragée dans le fait que j’étais capable de retrouver mes sensations et un bon niveau de jeu dans un contexte de Pro A. Maintenant, je ne vais pas tirer des conclusions après un seul match, on pourra faire un bilan plus précis en décembre.

Quelles sont justement vos attentes sur cette saison ?

Collectivement, ça dépend forcément de notre effectif. Ce qui est sûr, c’est que le maintien en Pro A est obligatoire ; après, si Liu Xin est là, ce sera une très belle satisfaction si nous arrivons à monter sur le podium, mais quand on voit les autres équipes, on se dit que chaque match va être un combat. D’une manière plus générale, l’objectif principal est de lancer une dynamique positive sur ce centre d’entraînement que Metz vient de lancer pour les jeunes, garçons et filles. Je m’entraîne sur place du lundi au mercredi, mon rôle est d’apporter mon professionnalisme et mon expérience aux plus jeunes du centre, comme Pauline Chasselin et Audrey Zarif, pour faire en sorte qu’elles avancent et que le centre se développe bien.

Au niveau de vos résultats personnels, vous êtes-vous fixé des objectifs cette saison ?

Non, mon objectif en revenant de mon tour du monde, c’était surtout de retrouver la flamme, de voir si elle reste présente et si j’ai toujours la gagne en moi. Je reste une compétitrice et j’aimerais bien faire un podium en Pro A et une médaille aux Championnats de France…   Maintenant, j’ai 31 ans, je commence à avoir d’autres projets, notamment celui d’entraîner, qui devient prédominant par rapport à ma carrière de joueuse, j’ai débuté pour cela une formation de DESJEPS à l’INSEP.

Parlez-nous de cette formation qui s’adresse à des sportifs pour leur permettre d’entraîner au Haut niveau…

J’ai commencé lundi dernier, nous sommes trois pongistes, Franck Delcambre, le coach de l’équipe de Pro A de Saint-Quentin, Vivien Sauvage, entraîneur au Pôle Espoir de Bretagne, et moi. Il y a aussi des sportifs venus d’autres disciplines, comme les judokates Clarisse Agbegnenou et Emilie Andéol, la championne olympique de judo que j’avais suivie à Rio… Il y a un tronc commun à toutes les disciplines, le reste du temps, on est en formation avec un formateur de a Fédération, on va bouger sur les différents centres, les CREPS, les Pôles Espoirs. La formation dure jusqu’en juin, si tout se passe bien, je serai diplômée en juin prochain.

Et ensuite ?

A plus long terme, mon rêve serait d’entraîner au sein de l’équipe de France pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. J’ai adoré porter le maillot de l’équipe de France et participer aux JO, j’aimerais aider les Français à être performants à ce moment-là. Ça, c’est pour le long terme. D’ici là, je n’ai pas encore de projet bien défini.