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B. Bellet : « Les dirigeants constituent la cheville ouvrière de la Fédération »

Publié le : 05/10/2017
Modifié le : 05/10/2017

Nouveau responsable de la branche dirigeants au sein de la commission fédérale de formation de la FFTT, Bruno Bellet nous explique ses missions et évoque la distinction dirigeant(e) de l’année portée par la branche. Il parle également de la Ligue Pays de la Loire dont il est le président.

Pouvez-vous nous décrire votre rôle au sein de la FFTT ?

C’est un rôle nouveau pour moi puisque je prends cette année la suite de Thibaut Huriez, précédent responsable de la branche, qui poursuit dans la commission fédérale de formation dans un rôle différent, il va animer les commissions régionales emploi/formation. En fait, l’action de la branche dirigeants s’inscrit dans le cadre de celle de la commission fédérale de formation, il y a trois grandes missions : la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, la production de contenus de formation, la diffusion et l’élaboration de supports pour la formation, ce qui veut aussi dire la production d’outils en appui de la formation. Ces missions sont valables pour chacune des branches qui composent la commission fédérale de formation, à savoir la branche technique, la branche arbitres, la branche salariés et la branche dirigeants. La manière dont je vois les choses en tant que responsable de cette dernière, c’est que les dirigeants, pour notre Fédération, constituent la cheville ouvrière pour développer et promouvoir le tennis de table sur notre territoire. Si nous n’avons pas de dirigeants bénévoles pour faire vivre les clubs et les instances fédérales, la Fédération n’existe pas. La branche dirigeants est là pour faciliter le travail de ces dirigeants et surtout pour les accueillir et les former, afin qu’ils gagnent en compétences.

Est-ce plus difficile de trouver des dirigeants bénévoles aujourd’hui ?

Il faut relativiser la crise du bénévolat : il n’y a pas vraiment de difficultés pour les bénévoles qui sont sur des missions ponctuelles, de l’événementiel, le bénévolat est très vivace en France. Il y a en revanche plus de difficultés sur la prise de responsabilités, c’est plus compliqué de trouver du renouvellement et de l’engagement sur des postes de président de club, de secrétaire, de trésorier ou de responsable des activités sportives. Notre groupe dirigeants s’adresse en particulier à ces personnes.

Sentez-vous des besoins de formation de leur part ?

Ce que nous observons dans le milieu associatif, pas seulement dans le sport, c’est que les besoins de formation existent, mais que l’offre ne correspond plus vraiment aux attentes, notamment en termes de temps : à quels moments faut-il faire ces formations ? De quelles durées ? On sait bien aujourd’hui que tout va plus vite, que ces dirigeants consacrent déjà beaucoup de temps à leurs responsabilités et qu’ils n’ont pas forcément beaucoup de temps pour se former. Donc, l’objectif du groupe dirigeants lors de cette olympiade est de repenser l’offre de formation à distance en raccourcissant et en simplifiant les modules. Il faut que notre offre de formation spécifique tennis de table vienne en complément des formations proposées au niveau territorial par d’autres associations, des formations plus transversales qui peuvent s’adresser à tous types de bénévoles dans tous types de secteurs, par exemple sur l’organisation de réunion, la gestion de budget, la communication… Notre rôle est plus de faire connaître et valoriser les outils conçus par la Fédération ou les ligues.

D’où l’importance de l’Extranet de la Fédération, qui s’adresse justement aux dirigeants ?

Oui, tout à fait. Actuellement, nous sommes dans une phase de transition : précédemment, il y avait un site externe que nous sommes en train d’intégrer dans l’Extranet du site fédéral, nous devons donc reconstruire les pages, remettre les contenus et surtout faire vivre cet Extranet pour proposer de l’actualité, et notamment une veille d’informations sur des questions liées à l’emploi et à la formation en particulier. Cela devrait être prêt d’ici la fin de l’année. Cet Extranet proposera également des informations sur tous les aspects juridiques liés à ces problématiques, nous avons la chance d’avoir dans l’équipe fédérale Fabien Sinet qui a une formation en droit du sport et va pouvoir contribuer à cette veille juridique.

La branche dirigeants organise également la distinction visant à récompenser le et la dirigeant(e) de l’année, en quoi consiste ce prix ?

C’est une opération qui existe depuis maintenant trois ans et est destinée à valoriser chaque année des dirigeants qui ont eu une année exceptionnelle en termes d’activité. C’est une distinction complémentaire à celle du Mérite fédéral qui récompense davantage un parcours, l’accumulation d’expérience au fil des années. Ça peut être lié à l’organisation d’événements, à la mise en place d’actions de développement très spécifiques sur des publics que la Fédération a du mal à cibler habituellement ou d’une gouvernance dans un nouveau club, dans le cadre d’une fusion par exemple. Les cas sont vraiment très différents, mais ce qui est mis en avant, c’est l’activité pleine et ambitieuse d’un et d’une dirigeant(e) pendant l’année écoulée.

Concrètement, quelle est la procédure ?

Nous faisons appel aux ligues et aux comités départementaux qui repèrent dans leurs territoires les dirigeants correspondant à ce profil et font remonter les candidatures au niveau du groupe fédéral. Ils remplissent un petit dossier qui résume l’activité de la saison écoulée, des informations sur la personne. Ensuite, un jury composé des membres de la branche dirigeants se réunit pour choisir l’heureux et l’heureuse élue(e). Les dossiers sont à déposer jusqu’au 15 octobre, le vote a ensuite lieu dans la foulée, de façon à ce que les récipiendaires soient invités à l’Assemblée Générale de la Fédération en fin d’année pour recevoir leur prix.

Evoquons maintenant la Ligue des Pays de la Loire que vous présidez, comment se porte-t-elle ?

Nous avions subi en 2014 une baisse de licenciés qui suivait d’ailleurs celle de la Fédération, mais depuis, nous avons redressé la barre et nous maintenons le niveau des licenciés. On ne se voile pas la face, la situation est parfois difficile et nous nous en préoccupons. Avec mon équipe, nous avons été réélus en juin 2016 et nous venons de mettre en place le projet pour la nouvelle olympiade qui comprend des actions pour le développement et la formation, afin de redonner du souffle au tennis de table dans les Pays de la Loire qui restent la deuxième ligue de France avec 20 500 licenciés. Ce qui est certain, c’est que nous observons, comme dans toute la France et dans d’autres sports, une tendance à la baisse des licenciés « traditionnels », c’est-à-dire les compétiteurs, mais parallèlement des demandes à la hausse d’autres pratiques, je pense notamment à l’activité sport-santé, que nous essayons du coup de favoriser afin d’accueillir plus de de monde dans nos clubs. Ce qui nécessite que les clubs soient formés. C’est un travail de longue haleine.

Paris 2024 peut-il constituer un appel d’air pour développer davantage la pratique compétition ?

C’est très difficile à mesurer. Les études sur les Jeux Olympiques montrent que l’impact est assez nuancé sur le développement de la pratique d’un sport. Généralement, on observe une hausse l’année qui suit, en particulier s’il y a des résultats, mais ce n’est pas forcément durable. Je me félicite bien sûr que nous organisions les JO, ça ne peut que donner un effet booster au tennis de table, mais je crois fondamentalement que nous devons structurer davantage nos clubs, ce qui passe par la formation des dirigeants, des cadres techniques, des animateurs et des entraîneurs bénévoles. Il faut s’occuper des gens qui ont envie de s’investir pour encadrer la pratique. C’est ça qui va permettre de pouvoir accueillir un nouveau public, de motiver les jeunes, il faut faire tout ce travail qui est moins visible mais tout aussi important.

Ce qui est plus visible, ce sont les résultats, comment jugez-vous ceux des clubs de votre région ?

Les résultats sont bons, nous avons des clubs brillants en Pro A masculine, La Romagne et Angers, il y a aussi Nantes en Pro B. Malheureusement, le club de Mayenne a disparu en Pro A féminine. Nous sommes bien représentés dans les championnats nationaux, nous avons aussi la chance d’avoir de bons clubs formateurs, avec des jeunes qui brillent sur les championnats de France. Nous avons encore du travail au niveau des petites catégories, poussins, benjamins, nous sommes un peu en retrait par rapport à la taille de notre ligue, ça fait partie aussi de notre projet pour l’olympiade. Enfin, nous sommes en retard sur la féminisation, c’est un chantier important auquel nous souhaitons nous atteler, c’est d’ailleurs également une problématique que nous retrouvons au sein de la branche dirigeants : on s’aperçoit que même si le taux de féminisation est encore trop faible, il existe des dirigeantes, mais pas forcément aux rôles de n°1, de présidentes notamment. Il faut faire preuve de volonté pour tendre vers davantage de mixité dans les instances.