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L. Gauthier : « Un sentiment incroyable »

Publié le : 09/11/2017
Modifié le : 09/11/2017

En se qualifiant le week-end dernier à Split pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018 à Buenos Aires (Argentine), Lucie Gauthier a confirmé son excellente saison 2016-2017 qui l’a vue s’imposer en individuel et en double aux Championnats de France juniors, décrocher l’or en double mixte aux Championnats d’Europe juniors et remporter le titre national chez les seniors en double. La Nîmoise, âgée de 17 ans, évoque ces bons résultats et ses objectifs.

Vous êtes parvenue à décrocher votre qualification pour les JOJ 2018 le week-end dernier, une surprise pour vous ?

Oui, c’est une surprise, parce qu’il n’y avait que quatre qualifiées et je que partais tête de série n°7 de la compétition. Ça l’a été encore plus de réussir à me qualifier dès le premier jour : je me disais que le tableau du dimanche était plus jouable. Cela n’a pas été facile pour autant : mon premier match en 8e de finale a été assez compliqué, je n’ai gagné que 4-2 en perdant deux sets aux avantages ; ensuite en quarts, face à la n°1,  l’Azérie Jing Ning, je ne dois jamais gagner le match, je perds 3-0, je reviens puis je sauve cinq balles de match, je ne sais pas comment je finis par gagner ! En demi-finales contre la Roumaine Dragoman, ça s’est mieux passé, c’est une fille que j’aime bien jouer, à qui j’arrive à poser beaucoup de problèmes. J’étais bien concentrée dans mon match, ce qui fait que ça a tourné en ma faveur sur les moments importants.

Quel a été le sentiment à l’arrivée ?

Un sentiment incroyable ! Je pense que c’est le tournoi le plus important que j’aie jamais joué jusque-là, il y avait quand même une qualification pour des Jeux Olympiques au bout. Même si c’est de la jeunesse, c’est quand même des JO, une grosse compétition internationale, c’est vraiment fort pour moi d’être parvenue à me qualifier. J’ai hâte de goûter à cette compétition, en espérant connaître les JO plus tard en seniors, je vais bien me préparer pour passer de bons moments là-bas.

Comment imaginez-vous cette épreuve ?

Ce sera une compétition avec beaucoup de tension, ça me fera de l’expérience en plus. Après, c’est difficile de se fixer des objectifs aujourd’hui, c’est dans longtemps, le principal sera vraiment de prendre de l’expérience et s’il y a un résultat au bout, ce sera vraiment énorme.

Cette qualification vient après une saison 2016/2017 très aboutie de votre part. Quand vous vous retournez, que gardez-vous de la saison dernière ?

Il y a eu plusieurs temps forts : le premier, c’est le titre en double lors des Championnats de France seniors avec Roza Soposki. C’était un titre totalement inattendu, nous espérions faire une médaille en sachant bien que ça allait être compliqué, nous sommes allées chercher les matchs les uns après les autres, en étant bien concentrées sur la compétition. C’était vraiment une excellente surprise de gagner. Avec Roza, nous sommes complémentaires, nous nous faisons confiance, je pense que c’est ce qui a fait la différence.

Les autres grands moments de cette saison ?

Il y en a eu plusieurs : les Championnats de France juniors où j’ai gagné en simple et en double avec Nolwenn Fort, je partais 5 en individuel, je savais que ça allait être compliqué, ça l’a été parce que j’ai gagné 4-3 en quarts, 4-3 en demi-finales et 4-2 très serré en finale, mais j’ai ressenti une grosse satisfaction de gagner difficilement. Après, il y a eu les Championnats d’Europe juniors avec la médaille d’or avec Jules Rolland en double mixte, sans oublier le quart avec Nolwenn où on bat les têtes de série n°1 et championnes du monde en titre.

La bonne dynamique se poursuit donc cette saison…

C’est vrai que cette qualification pour les JOJ arrive après une saison vraiment réussie. Après, il reste les Championnats du monde juniors (du 26 novembre au 3 décembre à Rival del Garda, Italie), on part dans deux semaines et demie, je garde cet objectif en tête, il ne faut pas se relâcher. Certes, je suis très heureuse de cette qualification, mais ce n’est pas non plus une fin en soi, il faut continuer à travailler.

Qu’irez-vous chercher aux Championnats du monde juniors ?

Mon objectif, c’est d’aller battre une ou deux têtes de série en espérant ne pas tomber d’entrée sur les Chinoises ou les Japonaises très très fortes. Après, si je les joue, ça fera toujours des gros matchs à disputer, de l’expérience en plus, mais j’aimerais bien franchir quelques tours. Après, il y a le double avec Leïli Mostafavi, cela fait longtemps que nous n’avons pas joué ensemble, on va essayer d’aller chercher des matchs qu’on n’est pas forcément censées gagner, on verra bien.

Quels sont les autres grands rendez-vous de votre saison ?

Il y a les Championnats d’Europe juniors, c’est ma dernière année, ça me tient vraiment à cœur de bien terminer. Pareil en ce qui concerne les Championnats de France juniors. Et sur les France seniors, on va remettre notre titre en jeu avec Roza, ça fait une saison avec pas mal de compétitions importantes, j’espère que je serai prête.

Faisons maintenant un retour quelques années en arrière : comment avez-vous découvert le tennis de table ?

Je viens d’une famille très sportive : mon père a toujours joué au badminton, ma mère faisait du volley, mon frère a été à l’INSEP en badminton, mon autre frère a joué au basket… Comme je suis la dernière, je les ai toujours suivis dès mon plus jeune âge dans les salles de bad et de basket. Au début, j’ai surtout fait du basket, j’ai aussi essayé la natation, le badminton et le tennis, je me suis mise au tennis de table via un forum des associations, à l’âge de 8 ans et demi. La première année, j’ai combiné basket et ping-pong, la deuxième, j’ai décidé de ne me consacrer qu’au ping, si bien que j’ai commencé à m’entraîner plus et à faire davantage de compétitions, et à partir de la troisième année, je suis rentrée au Pôle Espoirs de Nîmes.

Vous attendiez-vous à progresser si vite ?

Je suis un peu surprise par les derniers résultats, mais je travaille aussi pour ça, donc ça fait plaisir et j’espère que ça va continuer dans ce sens-là. Après, je n’oublie qu’il faut quand même garder quelque chose à côté, faire des études, parce que c’est important.

Où en êtes-vous de vos études ?

Je suis rentrée cette année en Terminale S et j’envisage d’aller en STAPS, soit pour me consacrer à la préparation physique soit au monde handisport.

A plus long terme, quelles sont vos ambitions sportives ?

Participer aux JO, c’est un rêve, voire même ramener une médaille. Samsonov a montré que c’était possible pour un Européen de terminer sur le podium, ça donne envie. Tokyo, ça me paraît un peu tôt, ce serait une énorme surprise de parvenir à y aller, je pense plutôt à Paris qui nous fait forcément toutes rêver.

Comment définiriez-vous votre style de jeu ?

Je suis une attaquante, je joue un peu plus loin de la table que la moyenne des filles. Je n’ai pas du tout la force des garçons ni leur maîtrise, mais j’ai plutôt un jeu de garçon, en prise de risques. Mes points faibles ? La contre-initiative, c’est vraiment ma grosse faiblesse, la remise de service aussi, il y a encore du travail à faire !

Parlons pour finir de votre début de saison avec Nîmes, promu en Pro B, comment se passe-t-il ?

Pour l’instant, nous avons perdu nos trois matchs 3-1. C’est un peu compliqué, parce que pratiquement toutes les équipes ont une joueuse très forte qui peut gagner ses deux matchs, alors que nous, nous avons toutes à peu près le même niveau, c’est très homogène, si bien que nous faisons de bons matchs, mais ça ne nous sourit pas trop. En revanche, nous arrivons à faire de bons résultats en double, nous sommes deux gauchères et deux droitières, c’est notre point fort. Maintenant, il va falloir essayer de gagner des simples… Ce qui est sûr, c’est que nous ne lâchons pas, nous allons essayer d’aller chercher des points pour assurer le maintien, c’est l’objectif.