Site officiel

actualité

J-C. Decret : "Viser les quarts malgré tout"

Publié le : 22/02/2018
Modifié le : 22/02/2018

L’équipe de France masculine dispute de jeudi à samedi la Coupe du monde par équipes à la Copper Box Arena de Londres. Une compétition sur laquelle Jean-Claude Decret, directeur du haut niveau à la FFTT, ne met pas de pression, conscient que les Bleus, privés de Simon Gauzy, ne sont pas actuellement à 100% de leurs moyens.

Dans quel état d’esprit l’équipe de France aborde-t-elle cette Coupe du monde par équipes ?

Elle l’aborde déjà comme une compétition nouvelle pour elle, parce que cela fait quand même pas mal de temps que l’équipe de France n’y a pas participé. Je ne vais pas dire que c’est un objectif majeur, mais cela reste un objectif pour l’équipe de France sur une compétition qui s’étale sur trois jours. Il y a douze équipes, nous avons la chance d’y être, il faut en profiter. Nous sommes têtes de série n°9, nous espérions au départ être mieux classés, aux alentours de la quatrième place, mais comme le calcul se fait sur les trois meilleurs joueurs et que Simon Gauzy et Tristan Flore, blessés, ne sont pas dans notre sélection, nous nous retrouvons neuvièmes. Cela a une incidence puisque dans notre poule de trois, nous nous retrouvons avec la Chine et la Suède, deux équipes que nous aurions pu éviter avec un meilleur classement. Les deux premiers étant qualifiés pour les quarts de finale, il va falloir créer une surprise contre la Suède, à priori la plus accessible sur le papier. Ce sera de toute façon une compétition intéressante à disputer, avec une formule un peu particulière qui débute par un double, c’est l’occasion de jouer de grosses équipes sur une durée courte. Il y a donc de quoi s’évaluer un peu, même si, avec les absences de Tristan Flore et récemment celle de Simon Gauzy, nous n’y allons pas forcément dans la meilleure configuration de forme possible.

Justement, quel est l’état des troupes ?

Simon a été contraint de déclarer forfait à la dernière minute en raison de douleurs récurrentes au dos. Manu (Lebesson), ça va, il s’est bien entraîné. Il manque un peu de repères et de performances, ça fait pas mal de temps qu’il n’a pas battu un joueur notoire, il bute un peu. Au Top 16, il perd 4-2 contre Steger en menant 2-0, il n’est pas loin du truc, mais il lui manque un peu de confiance, il lui faudrait une belle performance pour reprendre cette confiance. Quant à Quentin (Robinot), on a vu lors des derniers Championnats d’Europe par équipes qu’il était capable de faire de très belles performances. S’il est aligné à Londres, ça peut lui permettre en numéro 2 de confirmer et d’asseoir un rang dans cette équipe qu’il a commencé à laisser entrevoir sur ces Championnats d’Europe. J’espère qu’il va continuer dans cette lignée en étant un joueur bien stable capable d’apporter des points à l'équipe de France. Il est aussi possible qu’il joue en double, il a un rôle important à jouer dans des conditions un peu particulières. Après, pour les deux plus jeunes (Alexandre Robinot et Alexandre Cassin), s’ils ont le bonheur de jouer, ce sera bien, mais comme il n’y a pas beaucoup de matchs et pas de matchs de classement, ce ne sera pas évident mais ils sont bien préparés.

Dans ces conditions, quels objectifs de résultats vous fixez-vous ?

Il n’y a pas de pression de résultats. Il faut voir qu’au niveau du calendrier, la compétition n’est pas très protégée, elle se fait un peu dans la foulée, certains de nos joueurs ont joué en championnat mardi, on n’a pas eu le temps de préparer cette Coupe du monde, c’est donc un peu difficile de dire ce qu’on en attend. Ce serait bien de faire un bon match contre la Chine, de montrer que même diminués, on est dans le coup et à la bagarre, et après, d’accrocher la Suède, ce qui semble un peu plus dans nos cordes. L’objectif raisonnable est de faire un quart de finale, après on verra bien, si les gars sont bien, s’ils montent en puissance…Il y a un peu d’incertitudes…

Cette Coupe du monde est aussi l’occasion de réunir l’équipe quelques jours, est-ce important à deux mois des Championnats du monde par équipes à Halmstad ?

Oui, tout à fait, parce que les occasions sont rares de regrouper l’équipe. La formule est différente de celle du Championnat du monde, puisqu’il y a un double, mais dans la perspective des Jeux Olympiques, c’est aussi intéressant. Après, les vrais objectifs cette année sont ces Championnats du monde par équipes, puis les Championnats d’Europe individuels, qui devront nous amener à une année 2019, au cours de laquelle il faudra être plus performant parce que les qualifications olympiques débuteront, sans oublier le Championnat d’Europe par équipes à la maison, à Nantes.

Comment allez-vous préparer les Championnats du monde en Suède fin avril ?

De façon classique, il y aura un regroupement à l’INSEP du 16 au 27 avril dans la fenêtre de préparation que j’ai réussi à mettre en place dans ce calendrier de dingue. On va aussi suivre les athlètes sur le World Tour, les championnats de France…Il y a une série de compétitions qui vont nous permettre de voir les forces en présence, en espérant que les joueurs que l’on connaît confirment et que d’autres pointent à nouveau le bout de leur nez, comme Can Akkuzu et la jeune génération. Parce qu’il ne faut pas oublier que si l’on s’inscrit aujourd’hui dans la perspective des Jeux Olympiques de Tokyo, derrière, il y a Paris qui arrive. Nous sommes en train d’élaborer une stratégie pour préparer notre élite pour 2020 et 2024.

A ce titre, est-ce important de faire venir sur cette Coupe du monde des jeunes comme Alexandre Robinot et Alexandre Cassin ?

Oui, c’est exactement ça. C’est bien qu’ils puissent venir humer l’air de la haute performance, ça veut dire les matchs, mais aussi l’ambiance, la préparation, la récupération, il y a tout un environnement qui est important à appréhender. Pour eux, c’est une expérience à vivre, il faut bien ouvrir les yeux, bien regarder, j’espère qu’ils en profiteront au maximum et surtout que ça leur donnera l’envie d’y retourner en étant titulaires contre des grosses équipes comme ça. Ça peut être un élément déclencheur, ça leur met le pied à l’étrier.

Un dernier mot sur Tristan Flore : où en est-il dans sa rééducation ?

Les nouvelles sont plutôt bonnes : il s’est fait opérer le 13 décembre, il a passé un mois au CERS de rééducation de Capbreton, il a été très satisfait du travail qu’il y a effectué, la prise en charge a été excellente. Là, il n’a plus de douleurs, il a récupéré toute son amplitude articulaire au niveau de la hanche, on va dire que la reprise s’annonce d’une manière très favorable. Bien sûr, il va lui falloir un peu de temps, mais il est déjà en capacité de rejouer un petit peu, une demi-heure par jour sans trop bouger, pour rééduquer les muscles profonds qu’on utilise en tennis de table et qui sont très spécifiques. Il va monter progressivement en puissance, je pense qu’il va revenir en compétition d’ici deux mois, parce qu’il faut qu’il arrive à maintenir un classement mondial digne de ce nom, il a beaucoup de points à défendre, mais il sera plus opérationnel cet été, avec plusieurs tournois du World Tour qui vont être intéressants pour lui, en Asie, en Australie. A partir de là, j’espère que son niveau sera revenu en septembre, parce que c’est un élément important de notre stratégie. On a vu lors des derniers Championnats d’Europe que lui comme Quentin étaient en capacité de suppléer les titulaires, c’est tout notre intérêt de pouvoir faire la meilleure équipe possible, pas forcément avec toujours les deux meilleurs joueurs identifiés. Si on en a cinq-six comme ça, ça va établir une bonne concurrence interne et ça laisse pas mal de choix au capitaine de faire des équipes différentes.