Site officiel

actualité

A-K. Salifou : « L'état d'esprit sera bon »

Publié le : 26/04/2018
Modifié le : 26/04/2018

Appelé en équipe de France pour les Championnats du monde par équipes qui débutent dimanche à Halmstad (Suède) grâce à ses résultats à la Race, Abdel-Kader Salifou se réjouit de ce retour en Bleu, lui dont la première sélection remonte à dix ans. A 28 ans, le joueur de Rouen, qu’il quittera en fin de saison pour Torun (Pologne), veut se mettre au service d’une équipe de France ambitieuse.
Le site des championnats du Monde par équipes 2018

Comment s’est passée la sélection pour les Championnats du monde et comment accueillez-vous ce retour en équipe de France ?

Je suis forcément très content de ce retour, tout sportif rêve de jouer en équipe de France. Mon histoire est un peu différente de celle des autres joueurs, puisque ma première sélection remonte à dix ans, en 2008 aux Championnats du monde, je ne me souviens même plus où (à Guangzhou, en Chine). Ensuite, il y a un an et demi, j’avais décidé de changer de centre d’entraînement en partant à Sarrebruck, en Allemagne, avec l’objectif de vraiment progresser sur le Pro Tour. La sélection en équipe de France n’était pas forcément mon objectif premier, elle est finalement arrivée parce qu’il se trouve que j’ai bien joué sur les tournois du Pro Tour sur lesquels il fallait performer. J’en suis évidemment très heureux.

Pourquoi avoir fait le choix de partir vous entraîner en Allemagne ?

Après quinze ans passés à l’INSEP, j’ai ressenti le besoin de découvrir une vision différente. Je trouvais que je stagnais un peu et je me suis dit qu’il fallait que je bouscule quelque chose pour essayer de progresser. Je savais que j’allais être livré un peu à moi-même dans un environnement différent, ce qui pouvait me permettre de plus réfléchir à mon jeu et de me confronter à des jeux différents. Je ne savais vraiment pas où je mettais les pieds, puisque je me suis toujours entraîné au sein du système fédéral, Pôle Espoir, Pôle France et INSEP, mais je me disais que cela pouvait me donner un brin de maturité en plus. C’est ce que je suis parti chercher là-bas.

Et avez-vous trouvé ce que vous êtes allé chercher ?

Oui, je suis satisfait, parce que j’ai fait plusieurs performances contre des joueurs du Top 100. Je suis remonté 83e mondial en début d’année, mon meilleur classement à ce jour, et je réintègre l’équipe de France plus tôt que je ne le pensais. J’ai été surpris de retrouver l’équipe de France aussi vite, sachant que ma dernière sélection remontait aux Championnats d’Europe de Lisbonne en 2015.

L’équipe de France vous a-t-elle manqué pendant ce laps de temps ?

Oui, forcément. Depuis que je suis cadet, j’ai toujours été chaque année en équipe de France, en jeunes ou en seniors, sauf ces dernières années. Donc oui, ça m’a manqué, je n’étais pas si loin, j’étais à la porte, mais pas du bon côté, c’est aussi pour cela que je suis parti en Allemagne, je voulais provoquer quelque chose.

Vous voilà sur le point de vous envoler pour Halmstad disputer ces Championnats du monde par équipes, quels sont vos objectifs personnels et collectifs ?

Je n’ai pas vraiment d’objectifs personnels, puisque ce sont des Championnats du monde par équipes, le personnel ne rentre donc pas en compte. Je vais vraiment essayer d’aider l’équipe comme je peux. Je ne sais pas si je serai aligné ou pas, ce sera aux coaches de décider, mais quoi qu’on me demande, je le ferai, je ne suis pas là pour penser à moi, c’est l’équipe la plus importante.

L’équipe de France est tête de série n°4, elle est passée tout près de la médaille il y a deux ans, quel regard portez-vous sur son niveau ?

Mon regard, c’est que depuis la dernière fois que je l’ai intégrée, elle a bien progressé, cette équipe de France ! Il y a deux ans, j’avais suivi le match quand ils avaient perdu en quarts de finale contre les Anglais, elle n’était vraiment pas loin. Cette année, c’est vrai que nous partons n°4, mais aucun Championnat du monde ne se ressemble. Je pense qu’on a une chance de faire un bon résultat, si on fait un quart de finale, on sera déjà très contents. Nous avons des joueurs de très bon niveau avec Simon (Gauzy) qui a été n°8 mondial, son meilleur classement. Il a eu une énorme progression d’un coup, c’est le leader de l’équipe de France. Avec en plus Manu (Lebesson), on a deux joueurs qui sont devant et sur lesquels on peut compter. Après, avec Quentin (Robinot), Can (Akkuzu) et moi, ça se tient à peu près en termes de niveau, nous sommes assez homogènes. Au niveau de l’état d’esprit, je suis sûr que ce sera bon, puisqu’on se connaît tous, à part Can dont c’est la première sélection, mais d’après ce que je sais de lui, je ne suis vraiment pas inquiet.

Que vous inspire la poule de l’équipe de France ?

Elle est très homogène. Avec la Corée en n°2, ça ne va pas être évident. Les autres équipes (Autriche, Inde, Croatie, Pologne) ont de très bons joueurs. Il n’y a pas d’équipes faibles, mais on a une chance de faire dans les trois premiers, ce qui nous permettrait de nous qualifier pour les quarts ou les huitièmes, en fonction de notre place dans la poule.

Reparlons de vous, comment se passe votre saison avec votre club de Rouen ?

J’ai mal démarré la saison avec un match que j’ai perdu en début de saison alors que je menais qui m’a coûté cher au niveau de la confiance. Ça se passe mieux ces derniers temps, puisque j’ai enchaîné une petite série de victoires. J’ai réussi à remonter un peu la pente, je suis plutôt content de mieux terminer, d’autant que l’année prochaine, je quitte Rouen pour aller jouer en Pologne.

Quel bilan faites-vous du coup de vos deux années rouennaises ?

Il est un peu mitigé au regard de cette saison, d’autant que j’ai été gêné par une blessure qui fait que quand je suis arrivé aux Championnats de France (élimination en 16e de finale), je ne m’étais quasiment pas entraîné depuis un mois et demi. Mais d’un point de vue plus global, même si j’aurais préféré gagner plus de matchs, je suis plutôt content. L’objectif du club quand nous étions en Pro B était la montée en Pro A, objectif que nous avons bien rempli. Cette saison, il est de figurer parmi les cinq premiers, nous sommes septièmes, pas très loin de l’objectif. Et je n’oublie pas que ces deux années à Rouen m’ont aussi permis de retrouver l’équipe de France.

Où allez-vous jouer en Pologne et pourquoi ce choix ?

Je vais jouer à Torun. Pourquoi ce choix ? Parce que je suis friand de nouvelles aventures, ce qui a aussi expliqué mon départ à Sarrebruck. Quand le club de Torun m’a approché, je me suis dit que c’était une bonne opportunité de découvrir un championnat étranger. La Pologne est un Championnat qui devient de plus en plus fort et où il y a un bon niveau de jeu. Je suis sûr que ça peut être une bonne expérience pour moi.