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Joé Seyfried : « Me rapprocher de l’équipe de France »

Publié le : 21/06/2018
Modifié le : 20/06/2018

Auteur d’une seconde partie de saison convaincante marquée notamment par une victoire en moins de 21 ans sur le World Tour Platinum d’Allemagne, un titre de champion de France de double avec Alexandre Robinot et une montée en Pro A avec son club de Saint-Denis, Joé Seyfried fait partie des sélectionnés français pour les Jeux Méditerranéens qui s’ouvrent en fin de semaine à Tarragone. L’occasion d’échanger avec le joueur de 19 ans sur cette saison qui s’achève.

Une troisième place en Hongrie puis une victoire en Allemagne en moins de 21 ans, le titre de champion de France en double, cette sélection aux Jeux Méditerranéens, la seconde partie de saison vous sourit, avez-vous l’impression que votre carrière s’accélère depuis le début de l’année ?

Je ne sais pas si on peut parler d’accélération, mais c’est vrai que j’ai réussi à réitérer de bonnes performances sur le circuit international en moins de 21 ans. Maintenant, j’aimerais reproduire les mêmes choses chez les seniors. J’ai eu pas mal de matchs accrochés ces derniers temps, au cours desquels je peux mener mais que je finis souvent par perdre. Je pense qu’il me manque encore un peu d’expérience et de travail pour gagner ce genre de matchs, mais je sens que je suis sur la bonne voie.

La victoire à Brême fin mars sur le World Tour était-elle attendue ?

Disons que cela faisait plusieurs fois que j’atteignais les quarts ou les demi-finales en moins de 21 ans, je me disais donc que c’était possible. Sur ce tournoi, j’ai essayé de ne pas trop me mettre de pression, j’y suis allé un peu plus décontracté en me disant que c’étaient de bons matchs à jouer pour me faire progresser. Ça a plutôt bien marché. Souvent, c’est quand on se prend un peu moins la tête qu’on arrive à trouver du relâchement et à avoir un bon niveau de jeu, je pense que c’est comme ça que j’ai réussi à gagner en Allemagne. Après, j’ai eu des premiers tours très durs, je suis mené 2-0 au premier, puis 2-1 au deuxième où je sauve des balles de match. Je pense que le fait de m’en être sorti à chaque fois m’a fait du bien au niveau de la confiance et m’a permis d’enchaîner des bons matchs derrière.

Auparavant, vous aviez décroché le titre de champion de France de double à Rouen avec Alexandre Robinot pour une première ensemble, comment avez-vous accueilli ce titre ?

C’était une agréable surprise. Avec Alex, on s’était dit qu’on pourrait faire un bon double, on s’entend bien en dehors et on a des jeux qui peuvent bien s’assembler. Nous aimons bien le double tous les deux, ça nous tient à cœur, nous étions bien motivés, ça a été difficile au début, mais au fur et à mesure des matchs, notre entente s’est améliorée. Nous avons trouvé un bon équilibre jusqu’à la finale, c’était vraiment sympa de décrocher le titre. Après, en simple [élimination 4-3 en 8e de finale face à Emmanuel Lebesson, NDLR], je ne passe pas loin de la victoire, j’ai été un peu déçu, parce que j’avais la place pour gagner et aller un peu plus loin, mais c’étaient tout de même de bons Championnats de France pour moi.

Que vous a-t-il manqué selon vous pour faire basculer la partie de votre côté face à Emmanuel Lebesson ?

Il m’a manqué un peu de gestion des temps forts, des temps faibles et de mes émotions. Quand je mène deux sets à zéro, il commence à trouver plus de solutions, il revient 2-1, c’était à moi à ce moment de reprendre le leadership. Au lieu de ça, je l’ai remis un peu en selle, et à partir de là, il a de mieux en mieux joué, il a égalisé à 2-2 puis est passé devant, c’est devenu plus dur.

Vous avez intégré l’INSEP depuis maintenant quatre ans, que vous apporte ce cadre d’entraînement ?

Ça m’apporte beaucoup. Sans tout l’encadrement qui est à notre disposition, je ne pourrais pas progresser comme ça au quotidien. Chaque entraîneur a ses spécificités et apporte sa pierre à l’édifice, j’essaie de prendre le meilleur de chacun, sachant que j’ai deux entraîneurs qui s’occupent un peu plus de moi, Aurélien Puel et Han Hua, qui sont mes référents. Je pense que l’INSEP m’apporte plus de régularité. Avant, je n’étais pas très régulier, là, j’ai l’impression que depuis que je suis arrivé, j’ai réussi à mieux stabiliser mon jeu et ma tête pour avoir toujours un niveau de jeu correct.

Est-ce aussi dans le domaine mental que vous avez progressé sous la coupe de Han Hua ?

Oui, il m’apporte beaucoup dans ce sens et dans la vision du ping, en compétition notamment. Nous faisons pas mal d’analyses avant les matchs, ce que je ne faisais pas autant avant, ça m’aide pour bien rentrer dans mes parties.

Un mot sur votre saison en club, avec Saint-Denis, que vous avez rejoint l’été dernier en provenance de Metz : pourquoi ce choix et quel bilan faites-vous de cette saison ?

J’avais fait ce choix pour monter, ce qui ne me semblait pas possible avec Metz, il n’y avait pas cette intention affichée. Moi, je voulais jouer en Pro A     au moins la saison d’après, je suis donc arrivé avec cet objectif en tête et nous sommes montés, l’objectif est atteint. J’ai vécu cette saison assez sereinement, nous ne sommes pas un club qui fait beaucoup de bruit, mais nous avons réussi à tracer notre chemin et à être l’équipe la plus stable de la Pro B.

Vous achevez la saison par les Jeux Méditerranéens, dans quel état d’esprit abordez-vous cette compétition ?

C’est la fin de saison, il y a forcément quelques pépins physiques, notamment pour moi à la hanche, et c’est un peu difficile au niveau mental, mais nous allons passer outre et nous sommes très motivés avec Alex (Robinot) et Léo (de Nodrest) pour bien figurer et avancer le plus loin possible. Nous n’y allons pas pour faire du tourisme, mais avec de vraies intentions, nous avons une belle équipe, assez jeune, qui peut aller chercher de belles choses. Maintenant, nous n’avons pas non plus des objectifs réels de résultats, d’autant que nous ne savons pas trop à quelle adversité nous attendre, en dehors de l’équipe d’Italie qui envoie sa grosse équipe. Nous sommes là avant tout pour progresser.

A plus long terme, et notamment la saison prochaine, quels sont vos objectifs personnels ?

L’idée est de continuer à progresser, de faire un maximum de tournois du Pro Tour pour avancer au classement mondial. Aujourd’hui, je suis un peu dans un entre-deux, mon objectif est de me rapprocher des quatre-cinq meilleurs Français pour prétendre à des sélections sur les Championnats d’Europe et Championnats du monde [il est aujourd’hui 173 et 12e Français, NDLR]. Après, je pense forcément un peu aux Jeux de Tokyo, j’y crois, et à plus long terme, Paris 2024, bien sûr. Mais aujourd’hui, mon objectif, c’est vraiment de me rapprocher de l’équipe de France senior.

Il y a une forte densité en France de joueurs qui sont de niveaux proches, comment vivez-vous cette concurrence ?

Ça stimule, ça donne envie de montrer qu’on est le meilleur et pas le voisin. C’est vrai que nous sommes pas mal de joueurs assez proches, les sélections ne sont pas toujours évidentes à faire pour les coaches, il faut essayer de faire la différence, mais la concurrence est très saine entre nous.