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A la rencontre de Yuan Jia Nan

Publié le : 25/01/2020
Modifié le : 24/01/2020

Quintuple championne de France en simple, championne de France en club avec Poitiers, Yuan Jia Nan dispute cette semaine à Gondomar sa première grande compétition sous le maillot de l’équipe de France. De son enfance en Chine à ses débuts en équipe de France en passant par sa vie de famille, la nouvelle venue du collectif France s’est confiée alors que la France dispute le tournoi de qualification olympique pour Tokyo 2020. Entretien.
Le site de la compétition

L’enfance et ses débuts au tennis de table

Je suis née et ait grandi à Zhengzhou, une ville du centre de la Chine dans la province du Henan. Je suis très rapidement tombée dans le tennis de table grâce à ma mère, qui m’entraînait en même temps que d’autres joueurs et joueuses à l’école. A partir de 10 ans et demi, j’ai intégré l’équipe de la province du Henan grâce à mes bons résultats. Nous avions un programme adapté : deux jours d’école par semaine et deux ou trois entraînements de tennis de table par jour. J’y suis restée jusqu’à mes 15 ans avant de pouvoir faire partie de l’équipe de Chine Juniors où nous avions la chance de partager des séances avec l’équipe de Chine seniors.

Son départ pour l’Europe

A mes 18 ans, j’ai fait le choix de quitter la Chine pour venir jouer en Europe. C’était une décision difficile à prendre, mon père n’était pas vraiment pour, au contraire de ma mère qui m’a incitée à franchir le pas. Xu Gang, que ma mère avait entraîné en Chine, était licencié à Hennebont. C’est lui qui m’a trouvé un club en France, Saint-Loup Saint-Berthevin. J’ai eu la chance d’être accueillie par le président du club et sa famille comme leur propre fille. Ils m’ont hébergé pendant une année et m’ont aidé à m’acclimater en m’apprenant les bases de la langue française : les chiffres, les jours…Aujourd’hui encore, ils tiennent une place importante dans ma vie. Ils sont en quelques sortes mes parents en France. Je passe d’ailleurs Noël à leurs côtés tous les ans.

Sa vie en France

Je n’avais pas prévu de rester si longtemps en Europe et puis la vie en a décidé autrement. Je me suis entraîné à Boulogne-Billancourt puis à Nantes. Lorsque j’étais à Nantes, nous allions parfois au club de La Romagne pour nous entraîner. L’entraîneur de l’époque m’a demandé un jour si je ne connaissais pas un joueur susceptible de renforcer leur équipe en PRO. Je lui ai suggéré de contacter Chen Tianyuan, un joueur que je connaissais pour l’avoir vu quelques fois en compétition en Chine. Hasard du destin, il est devenu mon mari quelques années plus tard en arrivant en France. Nous vivons aujourd’hui à Cholet et sommes parents d’un petit garçon de 6 ans prénommé Fabio. Mes parents et mes beaux-parents viennent plusieurs mois en France tous les ans pour nous aider dans notre quotidien de joueurs professionnels et parents.

Son arrivée en équipe de France

J’ai été naturalisée française en 2011. Ça fait maintenant plus de 15 ans que je vis en France, je me sens autant française que chinoise mais ça n’a pas toujours été facile pour moi. J’ai entendu quelques remarques sur le fait que je sois chinoise, c’est parfois blessant mais je suis attachée à la France. J’ai pensé plusieurs fois à l’équipe de France depuis que j’ai été naturalisée mais avec l’arrivée de mon fils ce n’était pas forcément le bon moment pour moi. Fin 2018, l’encadrement de l’équipe de France est revenu vers moi pour savoir si j’étais intéressée pour me lancer dans le projet olympique avec l’équipe de France. J’ai pris le temps de réfléchir avec ma famille et j’ai finalement pris la décision de tenter l’aventure. J’ai toujours eu les Jeux olympiques dans un coin de ma tête, ça serait un grand honneur et une fierté de pouvoir y participer sous les couleurs de l’équipe de France. La route est encore longue mais mon intégration dans l’équipe se passe bien. Les Jeux n’étaient qu’un rêve, maintenant que j’ai une petite chance d’y participer, je veux tenter le coup à fond !


Tournoi de qualification olympique par équipes

22 au 26 janvier 2020 - Gondomar (Portugal)