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P. Griffault :
P. Griffault : "Nous avançons doucement mais sûrement"
Thème : interview du jeudi
Publié le : 26/10/2017
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Chargé de mission Développement durable à la Fédération Française de Tennis de Table depuis la saison 2010-2011, Pascal Griffaut, qui travaille par ailleurs pour le comité des Deux-Sèvres, nous explique son rôle et évoque les grands objectifs.

Quelles sont vos missions ?

Depuis ma nomination il y a sept ans, nous avons essayé de faire avancer la problématique du Développement durable à la Fédération. Avant mon arrivée, il y avait déjà des actions dans ce sens, mais on ne mettait pas forcément une étiquette dessus, ce qui est désormais le cas. Au sein même de la Fédération, nous avons donc fait en sorte que les élus, le bureau fédéral, la DTN, le personnel administratif, aient toujours en tête ces notions de Développement durable et les mettent en pratique dans leur vie professionnelle quotidienne. Après, plus généralement, nous avons monté un plan d’action sur trois axes.

Quels sont-ils ?

D’abord la formation : après une période de test l’an dernier, nous allons entrer dans le vif du sujet cette année d’une sensibilisation des cadres de la Fédération (cadres techniques, d’arbitrage, dirigeants), via un module de formation en ligne ; nous proposons aussi aux Centres régionaux d’emploi et de formation (CREF) des ligues de mettre en place un module de sensibilisation au Développement durable d’une journée. Ensuite, il y a un volet social avec plusieurs actions : nous continuons à mettre en place des opérations envers un public défavorisé qui existent déjà depuis longtemps mais auxquelles nous greffons des notions de Développement durable ; une autre action de ce volet social, que je souhaiterais voir devenir l’emblème de l’engagement de la Fédération, c’est la récupération de matériel d’occasion, des raquettes principalement, que l’on fait reconditionner par un institut médico-éducatif proche de chez moi qui comprend un atelier menuiserie, et que nous offrons ensuite comme neuves aux pays de la Francophonie, notamment en Afrique. Je souhaite accélérer le mouvement là-dessus, le concept est bien, nous avons un petit problème de logistique à résoudre pour passer à la vitesse supplémentaire, cela peut passer par un partenariat avec une association caritative. Le troisième axe consiste à développer le côté éco-manifestation sur les grands événements pongistes internationaux qui ont lieu en France, volet qui a d’ailleurs donné lieu à la signature d’une charte lundi avec la Ministre des Sports, Laura Flessel.

Quel est l’objet de cette charte ?

Cette charte, qui concernera notamment la Coupe du monde 2018 à la Disney Events Arena, comprend quinze engagements à propos desquels la Fédération Française de Tennis de Table va mettre en place des actions pour faire la preuve de son attachement au Développement durable. Cela existe déjà, puisque nous avions déjà initié des actions de ce genre, notamment lors de la Coupe du monde 2011 à Carpentier, qui nous avait valu de recevoir le label éco-responsable du CNOSF, mais cela avait plus valeur de test. Là, cette charte avec le Ministère des Sports va nous obliger à accélérer le mouvement via des actions réelles et concrètes.

Pouvez-vous nous citer quelques-uns de ces quinze engagements ?

Pour ce qui concerne la Coupe du monde, nous allons encourager le co-voiturage et réduire au maximum les trajets routiers, ce qui sera d’ailleurs facilité par le fait que de nombreux hôtels se situent à proximité de la Disney Events Arena ; au niveau de la restauration, nous allons insister auprès des différents traiteurs pour travailler en circuit court et consommer des produits de saison ; nous mettrons en place auprès des 80 bénévoles une petite formation au Développement durable ; nous ferons en sorte d’avoir des gobelets recyclables et nous allons poursuivre l’opération de récupération de matériel. La gestion des déchets sera également un aspect important, nous devons avancer assez rapidement sur ce sujet avec le site et la collectivité.

La FFTT est par ailleurs signataire de la charte du Sport Responsable créée par Generali et participe aux Trophées du Sport Responsable remis chaque année, pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, cela fait la quatrième année que nous participons aux Trophées du Sport Responsable. Nous incitons ainsi nos clubs à candidater pour recevoir le label Sport Responsable. Les meilleurs d’entre eux, ceux qui proposent au moins trois actions sur les six thèmes de la charte, ont également la possibilité d’être nominés pour les Trophées, qui seront remis cette année le 14 décembre. Cela fait trois ans de suite qu’un club de tennis de table remporte le premier prix d’une des six catégories, j’espère que ce sera encore le cas cette année, les dossiers de deux de nos clubs ont été retenus.

Globalement, trouvez-vous que le message du Développement durable passe bien au sein de la famille du ping ?

Nous avançons doucement mais sûrement. D’autres fédérations sont sans doute en avance sur nous, particulièrement les fédérations de plein air dont la nature est le terrain de jeu. Nous devons davantage pousser les murs pour faire comprendre aux clubs et aux licenciés que nos gestes quotidiens à la maison, comme le tri, il faut aussi les faire dans les clubs.

Vous servez-vous des joueurs et joueuses de l’élite pour faire passer vos messages ?

Oui, il y a déjà une ambassadrice avec Generali, Carole Grundisch, mais c’est vrai que la communication par des ambassadeurs est un volet sur lequel nous devons davantage travailler et c’est justement prévu dans les quinze engagements de la charte signé avec le Ministère. Nous avons évoqué quelques noms, sachant que c’est un message qu’il faudra également porter en vue de Paris 2024.


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