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C. Gaubert : " Se rapprocher des attentes des clubs "

Publié le : 16/11/2017
Modifié le : 16/11/2017

DTN adjoint chargé des Formations et de l’Emploi à la Fédération Française de Tennis de Table, Christian Gaubert explique comment la Fédération a dû ces derniers temps adapter les formations des bénévoles et des professionnels aux nouvelles pratiques du tennis de table.

Pouvez-vous nous expliquer vos missions en tant que DTN adjoint chargé des Formations et de l’Emploi ?

L’objectif premier est de coordonner l’ensemble des formations des entraîneurs, pour les bénévoles et les professionnels. Le deuxième volet consiste à créer un lien entre ces formations et les besoins d’emplois dans les différentes structures, comme les clubs et les pôles.

Quels sont les dossiers prioritaires du moment ?

L’une des missions qui m’a été confiée par le président de la Fédération Française de Tennis de Table est de se rapprocher des attentes des clubs. Culturellement, le tennis de table a orienté ses formations vers l’entraînement de nature à permettre à chacun, à son échelle, d’atteindre son haut niveau, il y avait un objectif de progression et de performance, donc de classement. Aujourd’hui, les pratiques ont évolué et le président a lancé toute une politique de développement destinée à ouvrir le tennis de table à différents publics : les très jeunes (4-7 ans), les loisirs adultes, les vétérans dans le cadre de Ping Santé, les femmes, via  notamment le Fit Ping Tonic. Nous avons fait le constat que ces développements n’avaient pas intégré nos formations, si bien que nous avons créé un comité de pilotage au niveau national qui a travaillé sur l’ensemble de notre architecture de formations. Au sein de ce comité composé notamment de techniciens et d’élus membres de la commission fédérale de formation, nous avons réfléchi pour mettre en adéquation nos formations avec ces nouvelles pratiques qui nécessitent un équilibre entre entraînement et animation.

Qu’est-il sorti concrètement de ces réflexions ?

Nous avons d’abord complètement reconstruit le premier diplôme professionnel, le CQP (certificat de qualification professionnelle), en fonction de cette nécessaire adaptation aux différents publics. Jusqu’ici, il fallait avoir un certain classement pour obtenir le CQP, dont la mission première était d’entraîner ; aujourd’hui, le problème n’est pas d’entraîner mais de fidéliser ces nouveaux publics, de leur donner le goût de l’activité, et pour avoir ces compétences, il n’y a pas besoin d’un certain classement. Le fait de faire sauter ce verrou du classement pour le CQP a été un acte fort de notre part. Ce nouveau CQP a débuté cette année, et pour marquer cette évolution, nous en avons d’ailleurs changé l’intitulé, il s’appelle désormais le CQP moniteur, un terme qui fait l’interface entre l’entraînement et l’animation.

Quelles ont été les autres concrétisations du comité de pilotage ?

A côté du diplôme d’Etat qu’est le DEJEPS, normalement centré sur le perfectionnement sportif, donc sur l’entraînement, nous venons de créer un nouveau diplôme : le Brevet professionnel tennis de table (BPJEPS). Son objectif est de permettre à ses titulaires de construire des séances collectives en s’adaptant à différents publics, nous sommes en train d’y travailler avec le Ministère des Sports, cette formation devrait débuter à partir de septembre 2018. Autre dossier sur lequel nous travaillons beaucoup, la mise à disposition sur une plateforme web (Perf’TT) de documents, réflexions et archives, écrits et vidéos, pour donner à ceux qui le désirent des outils pour se perfectionner. Je suis notamment en train de numériser les archives du tennis de table depuis les années 1930, ce qui fait que toutes ces données pourront être utilisées par des étudiants en STAPS ou en histoire, par exemple.

Avez-vous également en charge la formation des cadres techniques des équipes de France ?

Ce sont plutôt des projets individuels : chacun essaie de cibler ses besoins en fonction d’un ensemble de formations proposées, par exemple, par le Ministère des Sports ou l’INSEP. Nous sommes moins maîtres d’œuvre dans ce domaine, nous essayons en revanche de travailler sur deux axes : le premier est d’accompagner Isabelle Thibaud (responsable du secteur Performance Jeunes auprès du DTN), qui a commencé à lancer des rassemblements des responsables des pôles Espoirs et des pôles France de manière à avoir une lecture commune de l’entraînement, du jeu et de la préparation physique. Par exemple, j’étais récemment à une réunion avec notre DTN sur l’analyse vidéo, nous avons réfléchi à comment intégrer l’utilisation de la vidéo dans l’entraînement ; le deuxième axe, qui est plus de mon domaine, est un travail autour de l’analyse du jeu au haut niveau : ça va de l’analyse technique biomécanique assez fine à l’analyse des systèmes de jeu. Le dernier travail écrit sur le haut niveau date des années 2003-2006, c’est important de rediffuser par écrit une connaissance actualisée, même si les évolutions ont évidemment été intégrées dans des formations continues. L’objectif, pourquoi pas, serait de réécrire un livre qui ferait écho à celui écrit en 2002 par Carole Sève, Le tennis de table – Entraînement et compétition.

Avez-vous également contribué à la rédaction du guide des formations ?

Oui, toutes les formations techniques y sont présentées : les contenus, les compétences attendues et les dates, quand elles sont connues à l’avance. Ce guide ne présente d’ailleurs pas que les formations techniques dont je m’occupe, on y trouve également les formations pour les arbitres, pour les dirigeants et pour les administratifs.

Ces formations sont destinées à aider au développement du tennis de table donc à créer des emplois, autre aspect de votre mission…

Oui, nous sommes justement en train de faire un gros travail sur l’emploi dans le tennis de table. Quand je suis arrivé il y a deux ans, j’ai lancé une enquête pour essayer dans un premier temps d’avoir des données quantitatives sur le tennis de table : par exemple, le nombre d’emplois que le tennis de table représente en France, les types d’emplois… Aujourd’hui, on connaît ces chiffres : environ 1100 personnes sont des professionnels du tennis de table, dont 700 équivalents temps plein, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de personnes à temps partiel. Nous avons également fait une étude pour essayer de comprendre comment les clubs créent et pérennisent des emplois. L’objectif est de poursuivre un travail fait lors de l’olympiade précédente sur l’accompagnement au développement à travers la création d’emplois et de mettre en place une stratégie sur l’olympiade afin d’aider le tennis de table à se développer.