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© Franck Potvin
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Guy Soulard : "La Romagne y croit"

Publié le : 01/02/2018
Modifié le : 01/02/2018

Battu jeudi dernier en quart de finale aller de la Ligue des champions par le Sporting Portugal (3-1), La Romagne tentera de renverser la situation le 9 février prochain dans sa salle. Son président Guy Soulard est convaincu que les troupes de Fabrice Coutolleau ont les moyens de se hisser en demi-finales. Il évoque également la progression du club du Maine-et-Loire.

Quel est votre sentiment après le match aller perdu au Portugal ?

Il y a un peu un sentiment de regret, parce que nous perdons 3-1, Tian Yuan (Chen) a été moyen, Shiaho (Wei) bien, Brice (Ollivier) moyen. Cela aurait été mieux de perdre 3-2 que de perdre 3-1, nous n’avons pas un goal-average favorable, le challenge va être relevé au match retour, mais c’est encore jouable. Nous ne sommes pas éliminés, parce qu’en face, ce sont des joueurs de notre niveau que nous pouvons battre chez nous. Nous avons peut-être 70% de chances de ne pas passer, mais la compétition continue, on a vu d’autres retournements de situation par le passé. Je ne suis pas défaitiste, loin de là, La Romagne y croit.

 

La coupure hivernale a-t-elle selon vous été préjudiciable aux joueurs de La Romagne ?

Forcément, le fait que ce soit la première compétition depuis le mois de décembre, ça n’arrange pas. Cela aurait été mieux pour les joueurs au niveau des points de repères qu’il y ait eu un match avant, mais je suppose que c’était la même chose pour nos adversaires. 

Pour le match retour, plus que jamais, vous allez avoir besoin de votre public…

Oui, nous avons l’avantage à La Romagne d’avoir une salle souvent pleine, que ce soit en championnat ou en Champions League. Je ne suis pas inquiet, nous aurons des supporters.

Pour se qualifier pour les quarts de finale, La Romagne avait terminé en tête de sa poule, était-ce une surprise pour vous ?

Oui, on ne s’attendait pas à finir premiers dans une poule où il y avait les Allemands d’Ochsenhausen, c’est aussi pour ça qu’on y croit ! Il faut rappeler que c’est la première fois que nous participons à la Champions League. Pour nous, un quart de finale, c’est déjà très bien, nous sommes déjà satisfaits du résultat. C’est top d’être arrivés là dans la foulée de notre super saison dernière où nous avons gagné la Coupe ETTU, bravo aux joueurs et aux coaches. Après, si nous pouvons faire mieux, nous n’allons pas nous en priver. Dans le sport, on joue pour gagner, nous allons nous battre pour aller en demi-finales.

Vos résultats cette saison confirment ceux de 2016-2017 (vice-champion de France, victoire en Coupe ETTU), considérez-vous qu’ils sont la suite logique de la progression du club ?

Disons que nous avançons doucement, sereinement. C’est la suite d’une politique sportive qui fait de nous un club un peu à part dans le monde du tennis de table : nous ne vivons pas comme les autres, nous n’avons pas les mêmes moyens, nous sommes un petit village, soutenu par une agglomération et des partenaires privés, avec des joueurs qui s’entraînent à domicile. Il n’y a pas beaucoup de clubs en France où les joueurs s’entraînent sur place, je pense que nous avons une philosophie particulière et ces résultats sont le fruit d’un travail et d’une politique menés depuis quelques années. Nous avons fait le pari de faire en fonction de nos moyens, donc de jouer avec d’autres cartes, celles de la proximité, de l’engouement, de l’équipe. Nos gars vivent ensemble, ils habitent au maximum à 5 kilomètres les uns des autres, à Cholet, ils s’entraînent ensemble tous les jours. Il y a une dynamique de groupe qui fait notre force et qui explique qu’on se soit retrouvés à ce niveau. Après, je sais que dans le sport, tout est fragile…

Tout de même, vous retrouver en quarts de finale de la Ligue des champions, cela faisait-il partie de vos objectifs lorsque vous avez décidé de mettre cette politique en place ?

Non, le club européen, ce n’était pas notre premier cheval de bataille. Notre objectif premier, c’était le championnat de France, qui récompense la régularité. La coupe d’Europe, c’est la cerise sur le gâteau, surtout quand, comme l’an dernier, on gagne la Coupe ETTU. Cela a créé un engouement très fort dans notre agglomération, auprès de nos supporters et de nos jeunes. Nous sommes avant tout un club formateur, nous avons un centre d’entraînement, avec des horaires aménagés pour nos jeunes qui ont souvent la possibilité de côtoyer les séniors.

La Romagne a toujours été un club de compétition, c’est notre leitmotiv depuis longtemps. Un jeune qui, dans un rayon de 40 kilomètres, veut faire de la compétition en tennis de table, il sait qu’à La Romagne, il aura les moyens de progresser et de donner le meilleur de lui-même. C’est un choix que nous avons fait depuis quelques années avec deux éducateurs sportifs et c’est aussi ce qui explique que nous ayons une petite section loisirs par rapport à d’autres clubs, même si nous souhaitons aussi la développer.

Les joueurs du club sont là pour la plupart depuis longtemps, cette stabilité est-elle aussi votre marque de fabrique ?

Oui, et le recrutement, nous le faisons avec nos joueurs. Nous, dirigeants, n’allons pas faire venir un nouveau si nos joueurs ne l’apprécient pas. Je trouve que c’est normal, parce qu’en tennis de table, ce n’est pas comme en foot ou en basket, où il y a dix, vingt joueurs ou plus, nous, ce sont des équipes de trois ou quatre, ils ont donc intérêt à bien s’entendre. Et pour les nouveaux, il faut aussi être en accord avec la philosophie du club : c’est normal que des professionnels souhaitent gagner de l’argent, mais ce n’est pas la motivation première ici, nos joueurs sont des gars qui ont envie de mouiller le maillot, de se faire plaisir sur l’aire de jeu, mais également en dehors. Nos joueurs sont ainsi très intégrés dans la vie locale et jouent le jeu : la semaine dernière par exemple, ils sont allés tous ensemble rencontrer des jeunes dans un collège. Je dis toujours que les gens sympas amènent des gens sympas, donc nous nous faisons confiance, nous faisons des choix ensemble, c’est cette cohésion qui fait que tout le monde se sent bien.

De gauche à droite : Fabrice Coutolleau (coach), Chen Tianyuan, Adrian Crisan, Wei Shihao, Brice Ollivier et Cyril Ciaudo (coach)

Vous avez terminé deuxièmes de PRO A la saison dernière, le titre de champion de France serait-il une forme d’aboutissement pour vous ?

Au départ, on visait le maintien, mais compte tenu de la première phase que nous avons faite, nous aimerions bien au moins finir parmi les trois premiers. Et si on peut décrocher le titre de champion de France, un an après notre victoire en Coupe ETTU, ce serait super ! Après, je reste prudent, une saison est longue, nous n’en sommes qu’à la moitié, je sais très bien qu’en sport, cela arrive de connaître de moins bonnes périodes. Dans ce championnat, tous nos adversaires sont dangereux, il n’y a pas de petites équipes, nous pouvons perdre contre n’importe qui. Il faut prendre match après match, être dedans mentalement à chaque rencontre, car je ne vois pas de grandes différences de niveau. C’est le plus régulier qui est récompensé. C’est pour l’instant ce qui nous a sauvés lors de la première phase et c’est pour ça que nous nous retrouvons en bonne position. Il faut continuer, c’est tout.