
Il y a quelques semaines, le président de la FFTT, Gilles Erb, s’est rendu à La Réunion dans le cadre d’une tournée ultramarine menée également en tant que vice-président du Comité National Olympique et Sportif Français. Cette visite de terrain avait un objectif clair : aller à la rencontre des clubs, des dirigeants, des collectivités et des services de l’État afin de mieux comprendre les réalités locales et construire un accompagnement fédéral adapté aux besoins du territoire.
Avec 14 clubs et près de 950 licenciés, la ligue réunionnaise témoigne d’un dynamisme réel malgré des contraintes structurelles fortes liées à l’insularité, aux équipements et à la mobilité des talents. À travers cette visite, le président a souhaité renforcer la démarche fédérale de proximité, créer du lien avec l’ensemble des acteurs du territoire et intégrer pleinement les clubs ultramarins au projet national, afin qu’ils puissent non seulement y prendre part, mais aussi l’incarner.

Une visite tournée vers l’écoute et le dialogue institutionnel
Lundi 13 avril
La première journée de cette visite a été consacrée aux échanges institutionnels et à la découverte du tissu associatif local :
- Échanges avec le préfet et le Directeur de la DRAJES ;
- Réunion avec le Conseil régional ;
- Participation au Conseil d’administration élargi du CROS ;
- Visite du club de tennis de table Les Aiglons d’Orient ;
- Dîner de travail avec les partenaires institutionnels.
Mardi 14 avril
La seconde journée a ensuite permis d’approfondir les enjeux liés à l’éducation, aux équipements et à la pratique sportive :
- Visite du stade en eaux vives de Sainte-Suzanne ;
- Échanges avec le Conseil départemental ;
- Visite du lycée INGLO et de ses sections sportives ;
- Rencontre avec le Recteur d’Académie ;
- Visite du club de Saint-Claude.
Les objectifs de la mission
Cette visite s’inscrivait dans une démarche globale portée par le CNOSF et la FFTT autour de six axes prioritaires :
- Mieux connaître les acteurs locaux ;
- Renforcer le dialogue avec les partenaires institutionnels ;
- Comprendre les spécificités des territoires ultramarins ;
- Écouter les besoins pour accompagner le développement du sport ;
- Construire un plan d’action cohérent et pertinent ;
- Défendre la continuité éducative à travers le sport.
Au fil des rencontres, un constat partagé s’est dégagé : le tennis de table réunionnais dispose d’un fort potentiel de développement, mais nécessite un accompagnement structuré et durable pour répondre aux enjeux spécifiques du territoire.

Des enjeux majeurs identifiés pour la ligue de La Réunion
La mobilité des talents
L’éloignement géographique constitue un frein important pour les jeunes sportifs souhaitant accéder au haut niveau. Les échanges ont notamment mis en avant la nécessité de renforcer les dispositifs d’aide à la mobilité, notamment via les fonds de dotation issus de l’héritage de Paris 2024.
L’accès au sport pour tous
Le développement d’équipements de proximité et standardisés apparaît comme une priorité afin de favoriser une pratique accessible, notamment dans les quartiers et les zones moins bien dotées. Le sport santé représente également un axe de développement fort.
La formation et l’emploi
La professionnalisation des structures et la qualification des éducateurs sont essentielles pour pérenniser le développement de la discipline. Les clubs expriment un besoin croissant d’accompagnement en matière d’emploi sportif et de formation.
Une formation CQP est en cours de projet conjoint avec Mayotte.
La détection et la formation des talents
Les sections sportives scolaires, les dispositifs de bourses, les aides au transport et les soutiens à la licence sont identifiés comme des leviers indispensables pour permettre aux jeunes réunionnais de poursuivre leur parcours sportif.
Les équipements sportifs
Le territoire connaît une forte pression sur les équipements existants. Plusieurs infrastructures nécessitent des rénovations ou des adaptations afin de répondre aux besoins des clubs et des licenciés.
La continuité éducative
L’un des axes forts portés lors de cette visite repose sur la construction d’une véritable alliance éducative entre les collectivités, l’État, les services académiques et le mouvement sportif afin de faire du sport un outil d’émancipation et de réussite.
Conclusion : une volonté affirmée de rapprocher la fédération des territoires
Cette visite a permis de renforcer les liens entre la FFTT, les clubs réunionnais et les institutions locales. Elle illustre une volonté politique forte : replacer les territoires ultramarins au cœur du projet fédéral et construire des réponses adaptées à leurs réalités.
Gilles Erb a réaffirmé lors de celle-ci sa volonté d’aller au plus proche des clubs afin de mieux les connaître, de mieux comprendre leurs contraintes et de développer des solutions concrètes coconstruites avec les acteurs locaux. Cette proximité est également essentielle pour favoriser l’émergence de nouveaux partenariats institutionnels et consolider le rôle social et éducatif du tennis de table.
Perspectives d’accompagnement
- Renforcer le dialogue entre la FFTT, la ligue et les collectivités ;
- Identifier les besoins prioritaires des clubs ;
- Développer les aides à la mobilité et à la licence ;
- Soutenir les actions sport santé et les équipements de proximité ;
- Structurer les échanges avec les services académiques.
- Accompagner la professionnalisation des clubs ;
- Développer les formations d’éducateurs et de dirigeants ;
- Consolider les sections sportives scolaires ;
- Prioriser la rénovation des équipements les plus sollicités.
L’objectif est de construire un modèle de développement durable du tennis de table réunionnais et renforcer l’attractivité du territoire pour limiter l’exode des talents (éducateurs(trices), dirigeants(tes), et joueurs(ses)).
À travers cette démarche de terrain, la FFTT confirme sa volonté d’une fédération plus proche, plus à l’écoute et plus engagée aux côtés de l’ensemble de ses territoires.