PRO A Dames : Metz vers un nouveau triplé ?

Quinze victoires, une défaite et un titre à l’arrivée, tel était le bilan de Metz en 2025-26. Un véritable cavalier seul et un septième sacre en douze ans, les joueuses de Loïc Belguise seront, cette année, les grandes favorites à leur propre succession. Cependant, les onze autres équipes engagées en PRO A dames tenteront de contester cette domination. Seront-elles à la hauteur de ce défi ? Premiers éléments de réponse le 22 septembre, date de lancement de cette nouvelle saison.

Avant de faire un point sur les forces en présence, revenir sur les principales règles mises en place pour cette saison 2026-27 semble nécessaire. Les clubs de PRO A dames avaient jusqu’au 31 août pour déposer leur liste de cinq joueuses minimum. Cap fixé jusqu’au 31 octobre pour d’éventuels ajustements, mais uniquement en cas de mutation exceptionnelle.

Côté classement, les trois meilleures joueuses du club au classement national doivent occuper les trois premières places de la liste, avec obligation de figurer dans le top 150 national. Les suivantes (4e, 5e et au-delà) peuvent, elles, figurer jusqu’à la 250e place. À l’issue de la phase régulière, le top 6 s’affronte en quarts puis demi-finales, chaque tour se jouant en aller-retour. Nouveauté cette saison : la finale se disputera sur terrain neutre désigné par l’organisateur, en un match unique, en parallèle de la finale de la PRO A messieurs.

Metz : se renouveler pour gagner, une troisième fois de suite

Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Probablement pour devenir encore meilleure. C’est en tout cas le pari du Metz TT, qui, malgré l’expression consacrée, a opéré plusieurs changements pendant l’intersaison. Les historiques Mariia Tailakova et Adina Diaconu, quadruples championnes avec le club mosellan, ont été remplacées numériquement par deux joueuses d’un niveau similaire : Isabela Lupulesku et Léa Rakovac, classées aux alentours du 100e rang mondial. Elles auront, aux côtés d’Hana Goda, de Charlotte Lutz et de Sarah De Nutte, pour objectif : le triplé, performance déjà réalisée par le club entre 2015 et 2017. Le club pourrait devenir la seule institution à réaliser cette performance à deux reprises depuis l’inauguration de la PRO A en 2003, filles et garçons confondus.


@LGETT & @WTT

Serait-ce enfin l’année de l’Entente Saint-Pierraise ?

Présente sur le podium à quatre reprises depuis 2019, l’Entente Saint-Pierraise court depuis toujours après un premier sacre dans la plus haute division française. Pour se rapprocher de cet objectif, l’Indienne Diya Chitale, classée à la 66e place mondiale, débarque en terres normandes pour épauler Zeng Jian, Océane Guisnel et les expérimentées Stéphanie Loeuillette et Laura Gasnier. Pour compléter cet effectif déjà bien garni, l’ESP pourra également compter sur Nina Guo Zheng, pièce maîtresse du projet et championne d’Europe U19 cet été. Suivre sa progression sera l’une des attractions de cette saison ; elle pourrait être riche en succès pour les Pierrotines.


@Loic Huard & @WTT

L’Alliance Nîmes-Montpellier ajoute un renfort de poids

À l’instar de l’équipe masculine, la section féminine de l’Alliance Nîmes-Montpellier mise avant tout sur la continuité autour du noyau composé de Bruna Takahashi, Léana Hochart et Giorgia Piccolin. Pour effacer la déception vécue lors de leur élimination en quarts de finale en 2026, la direction du club s’est attachée les services d’Anna Hursey, galloise de 20 ans, classée au 36e rang mondial. Elle sera assurément l’un des visages à suivre cette saison ; une arrivée qui pourrait rebattre les cartes en tête de classement.


@Pongistic 

Effectif inchangé pour Étival-Clairefontaine

Vice-champion en titre après une finale perdue sans regrets face à Metz il y a quelques mois, Étival-Clairefontaine repart cette saison avec les mêmes joueuses. L’effectif reste identique, preuve de la confiance accordée au groupe en place, le trio Liu Yangzi, Jieni Shao et Christina Kallberg demeurant l’un des plus solides du championnat. Hana Matelova et Camelia Iacob seront en embuscade en cas d’absence. Avec une alchimie bien rodée, le club vosgien tentera de reconquérir un titre qu’il avait déjà remporté en 2019 et ainsi effacer la déception vécue la saison passée après la finale.


@LGETT

Qu’attendre de Grand Quevilly ?

ALCL Grand Quevilly semble désormais construite pour viser les playoffs de fin de saison, forte de sa septième place malgré un statut de promu la saison précédente. Pour franchir ce cap, les Normandes ont effectué un changement : le départ de la Chilienne Paulina Vega, remplacée par l’Espagnole Sofia Zhang, classée à la 150e place mondiale. Elle épaulera Anaïs Salpin, Zang Xiaotong et Filippa Bergand vers une place dans la première partie du classement qui semble désormais attendue en banlieue rouennaise.

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@AntonyGatein

Joué-lès-Tours : entre jeunesse et expérience 

Troisième en 2025, Joué-lès-Tours a connu une année difficile en 2026. Dépourvu d’Hana Goda, partie à Metz, le club tourangeau n’a jamais réussi à accrocher le wagon des prétendants aux places qualificatives pour les playoffs et a même dû disputer le match de maintien contre Argentan. Sauvée sur le fil, l’équipe a été confrontée à un nouveau départ cet été ; celui d’Audrey Zarif, championne de France 2023. Pour combler cette perte majeure, la médaillée de bronze aux derniers championnats de France Cléa De Stoppeleire, 20 ans, a rejoint la Touraine. Elle sera également accompagnée de la gauchère chinoise Chi Ge, classée au 40e rang national. Li He, joueuse du club depuis plusieurs années, tentera de mener ce nouvel effectif vers un maintien souhaité, si ce n’est plus ; qui sait ?


@Loic Huard

Saint-Denis : conjurer le mauvais sort

Victorieux en 2021, Saint-Denis n’a depuis plus connu la saveur d’un titre à l’échelle nationale. Souvent proches, jamais auréolées d’une seconde couronne, les Dionysiennes s’avancent cette année avec l’ambition de bousculer l’hégémonie messine. Pour y parvenir, confiance a été donnée aux mêmes joueuses, ou presque : Prithika Pavade, Li Jie, Zhu Chengzhu, Hana Arapovic et Agathe Avezou restent en place et seront accompagnées par la jeune Gao Yuxin, 19 ans, venue de Chine, l’une des curiosités de cette édition 2026-27 de la PRO A dames.


@Loic Huard

Poitiers : Jianan Yuan en cheffe de meute

À 41 ans, Jianan Yuan sera encore une fois l’atout numéro un du club de Poitiers cette saison. Toujours classée parmi les quarante meilleures joueuses du monde, elle ne sera pourtant pas la doyenne de son équipe. Ce statut revient à Wu Jiaduo et ses 48 ans, ancienne douzième joueuse mondiale et figurant toujours parmi les meilleurs éléments du championnat. Avec ce duo de choc, bien accompagné par Claire Picard, Poitiers tentera de s’immiscer à nouveau parmi le groupe de tête après deux années ponctuées d’une participation en playoffs.


@Loic Huard

Saint-Quentin animé par une soif de revanche

Titré en 2024 et demi-finaliste sortant, le TTSQ aura à nouveau une belle carte à jouer en 2026-27. Pour tenter de rééditer leurs exploits passés, le club a vu l’arrivée de la Canadienne Mo Zhang, 51e joueuse au classement mondial, comme un ajout de choix. Elle complète un effectif inchangé composé de Camille Lutz, Barbora Varady, Linda Bergström et Polina Mikhailova. Un effectif aussi dense en niveau que diversifié en profils, qui sera à nouveau un prétendant sérieux au sacre final.


@TTSQ 

Quimper : paré pour jouer les trouble-fêtes ?

Troisième de la saison 2014-15, Quimper court après un nouveau podium depuis treize ans maintenant. La donne changera-t-elle enfin cette année ? Possible. C’est en tout cas ce que laisse envisager le recrutement du club breton. Si Marie Migot, Isa Cok et Ema Labosova constituent un noyau solide, il sera étoffé par les arrivées conjuguées d’Audrey Zarif et Swastika Ghosh, toutes les deux classées aux alentours de la 100e place mondiale. L’effectif a gagné en densité et semble armé pour déjouer les pronostics cette saison après un exercice 2025-26 clôturé à la dixième place.


@Loic Huard

Lys-Lille, le promu affiche ses ambitions

Champion de PRO B et donc promu, Lys-Lille a sorti le grand jeu cet été avec les arrivées de quatre recrues, dont deux bien connues du circuit international : Yuna Ojio, 18 ans, classée au 83e rang mondial, championne du monde U15 en 2023 et Matilka Ekholm, gauchère fantasque de 44 ans, ancienne top 20 mondiale. Elles tenteront de faire oublier la très belle saison d’Anna Wegzryn, principale artisane de la montée il y a quelques mois, restée en PRO B à l’Union Issy/Antony. Le club nordiste s’est également renforcé avec l’Ukrainienne Hanna Haponova et la Néerlandaise Tanja Helle, venant compléter un effectif déjà très fourni. Avec un tel recrutement, le promu pourrait déjà jouer de mauvais tours aux meilleures écuries du championnat cette année.


@WTT

Le Mans : l’année de l’explosion ?

Derrière les expérimentées Li Samson, Claire Clavier et Élodie Nivelle se dressent trois joueuses dont les progrès pourraient projeter Le Mans plus haut que la huitième place de la saison dernière. En tête, Alexia Nodin, 15 ans, médaillée de bronze aux derniers championnats d’Europe U21 et arrivée l’année passée, tentera de s’installer parmi les locomotives de cette équipe. Elle sera poussée par Albane Rochut, de deux ans sa cadette et championne d’Europe U13 avec l’équipe de France, qui tentera elle de se révéler au plus haut niveau national. Pour compléter cet effectif tourné vers le développement de ses jeunes pousses, le club manceau a attiré la Japonaise Yuka Naneyoshi, 20 ans et 87e joueuse au classement mondial. Un ajout majeur qui devra inspirer les deux plus jeunes si l’équipe ambitionne une place en playoffs.


@Loic Huard & @WTT

Entre la volonté de Metz d’inscrire un peu plus son nom dans l’histoire, les ambitions affichées des poursuivants ou la progression de jeunes talents de la formation française cette saison 2026-27 s’annonce encore une fois aussi passionnante que disputée. Alors rendez-vous mardi prochain autour des tables ou sur la chaîne YouTube de la FFTT pour la journée inaugurale du championnat de PRO A dames.

Rémy Larquetoux