Titré l’année passée, Metz sera, en cette fin de saison 2025-2026, en lice pour tenter de conserver sa couronne. En face, le voisin Étival-Clairefontaine essaiera de faire tomber les Messines de leur piédestal. Cette finale entre les deux meilleures équipes de la saison est une réédition de l’affiche de 2022-2023, remportée par l’équipe mosellane. Après neuf mois marqués par une compétitivité rarement constatée dans l’histoire du championnat, rendez-vous les 15 et 19 mai pour l’épilogue de la saison.
Sans surprise, Metz, champion de France en titre, et Étival-Clairefontaine, deuxième de la phase régulière, seront au rendez-vous de la finale. Véritable ogre sur les plans national et continental, Metz défendra son titre et tentera de réaliser cette année un doublé inédit PRO A / Ligue des Champions. Leurs adversaires vosgiennes auront pour objectif de contester l’hégémonie actuelle imposée par Charlotte Lutz, Hana Goda, Adina Diaconu, Mariia Tailakova et Sarah De Nutte, afin d’effacer les déceptions vécues lors des dernières finales : l’une en PRO A face à cette même équipe en 2023, l’autre en finale de Ligue des Champions il y a deux ans contre les Polonaises de Tarnobrzeg.

@Loic huard
Recette(s) d’une saison régulière maîtrisée
Aucune des deux équipes n’a vraiment tremblé lors de la phase régulière. Si les joueuses d’Étival-Clairefontaine n’ont pas réalisé le début de saison espéré avec deux défaites au match décisif contre l’Entente Saint-Pierraise et l’Alliance Nîmes-Montpellier, elles ont ensuite enchaîné les très bons résultats, signant sept victoires sur leurs huit dernières rencontres de la saison. Le coach de l’équipe, Jérôme Humbert, évoque cette première partie de compétition avec satisfaction :
« Nous n’avions pas véritablement fixé d’objectif comptable, si ce n’est d’assurer le maintien le plus rapidement possible et ensuite envisager une place en playoffs si la dynamique le permettait. Le championnat est aujourd’hui tellement relevé qu’il est difficile de se projeter. Au fil de la saison, les filles ont élevé leur niveau de jeu, permettant à l’équipe de remporter des rencontres disputées face à des concurrents directs (Saint-Quentin et Saint-Denis notamment). Après ces rencontres, nous avons pris conscience qu’il était possible de viser plus haut. La confrontation contre Metz a confirmé cela, même si nous avons perdu, car la rencontre s’est avérée très serrée. »
Metz, renforcé par l’arrivée de la talentueuse Hana Goda, n’a goûté à la défaite qu’une seule fois, un soir de janvier, contre Poitiers, emmené par une Jianan Yuan touchée par la grâce ce jour-là. Avec dix victoires en onze rencontres, 31 matchs remportés, 13 laissés en route, les Messines n’ont laissé aucun espoir à la concurrence tout au long de l’année et affichent une forme exceptionnelle.
Jérôme Humbert l’a souligné : la PRO A féminine est devenue, au fil des années, particulièrement concurrentielle. Aucune équipe, ou presque, n’aborde la saison avec de franches certitudes. Saint-Quentin, Saint-Denis ou Poitiers, tous titrés lors de la dernière décennie, ont bataillé jusqu’à la dernière journée du championnat pour valider leur qualification en playoffs, preuve de l’homogénéité toujours plus marquée des équipes d’année en année.

@Loic huard
Playoffs : les batailles attendues ont eu lieu
Metz et Étival qualifiés pour le dernier carré, deux places restaient encore à attribuer parmi les quatre formations suivantes : l’Alliance Nîmes-Montpellier, Saint-Quentin, Poitiers et Saint-Denis.
Pour rallier les demi-finales, Poitiers devait se défaire de Saint-Quentin dans un duel entre anciens lauréats, tandis que l’ANMTT affrontait Saint-Denis. Le club francilien, porté par une Prithika Pavade invaincue, n’a pas tremblé, s’imposant 3-1 à l’aller comme au retour. Dans l’autre rencontre, la physionomie de la double confrontation fut différente. L’Allemande Wu Jiaduo avait parfaitement lancé les Poitevines au match aller (3-1)… avant que Saint-Quentin n’inverse la tendance au retour dans l’Aisne en infligeant un 3-0 salvateur pour les locales, synonyme de qualification.
Lors des demi-finales début mai, Metz a poursuivi sa domination en ne laissant aucune chance aux Saint-Quentinoises, à l’image d’Hana Goda et de ses quatre victoires. Opposé à Saint-Denis, Étival-Clairefontaine y a laissé des plumes. En forme olympique, Prithika Pavade a poursuivi son sans-faute en offrant deux points face à Liu Yangzi et Christina Kallberg… avant que cette dernière ne prenne sa revanche au match retour dans les Vosges contre la numéro deux française. Après une défaite 3-2 à Saint-Denis et une victoire 3-0 au retour, les joueuses de Jérôme Humbert ont assuré l’essentiel : elles disputeront la finale.
Dans le bas du tableau, Argentan, défait à quinze reprises cette saison, est officiellement rétrogradé en PRO B.
Une finale pour l’histoire
Remporter quatre titres en cinq ans : aucune équipe ne l’a réalisé depuis la création de la PRO A en 2004 ; tel est le défi proposé au Metz TT. En face, Étival-Clairefontaine visera une deuxième couronne nationale, sept ans après celle de 2019 remportée contre Lys-lez-Lannoy.
Revanchard après l’élimination par ces mêmes Messines l’année passée, Jérôme Humbert aborde la finale avec détermination :
« Nous avons une véritable carte à jouer, nous avions réalisé un grand match lors de la saison régulière malgré la défaite. La demi-finale retour remportée 3-0 contre Saint-Denis a galvanisé les filles. Elles se sentent plus que jamais capables de le faire. Nous sommes dotés d’une formidable force collective, les filles jouent très bien depuis décembre et sont sûres de leurs forces. On va pouvoir compter sur un public bouillant avec 400 voire 500 personnes réunies ce vendredi. Jouer la première rencontre à la maison n’est pas communément considéré comme un avantage mais, de mon point de vue, se confronter à notre « chaudron » pour lancer la double confrontation ne sera pas chose aisée, il faudra capitaliser dessus. »
Les Messines et le coach Loïc Belguise sont prévenus. Rendez-vous le vendredi 15 mai à Étival et le mardi 19 mai à Metz pour le dénouement de cette saison 2025-2026 de PRO A féminine.

par Rémy LARQUETOUX