
Une semaine après le sacre de Metz contre Étival-Clairefontaine en PRO A féminine, au tour des messieurs de se disputer la couronne nationale ce week-end. À la Kindarena de Rouen, le 29 mai à 20h45, les locaux du SPO défieront Hennebont, vice-champion en titre. Une affiche sans l’ANMTT, titrée l’année passée, symbole d’une saison marquée par l’homogénéité du championnat français, plus que jamais devenu une référence dans le monde désormais.
Après dix-huit matchs de saison régulière et des demi-finales passionnantes, la saison 2025/26 s’achèvera ce week-end à Rouen et verra un nouveau champion sacré. Battue par Hennebont la semaine dernière dans une réédition de la dernière finale, l’Alliance Nîmes-Montpellier des frères Lebrun ne pourra pas défendre sa couronne. Dans l’autre demi-finale, Bruille et Flavien Coton se sont inclinés face au SPO Rouen de Thibault Poret, qui aura donc l’honneur de disputer une finale à domicile et ainsi se venger de celle perdue en 2022-23 contre ces mêmes Bretons.

Hennebont vers un nouveau titre ?
À l’instar de Metz et Étival chez les dames, les deux meilleures formations de la saison régulière seront au rendez-vous de la finale. Avec 62 points inscrits, trois défaites, seulement 19 parties concédées et le scalp de l’ANMTT en demi-finale, Hennebont s’avance comme le favori au sacre, porté par un Vladimir Sidorenko responsable de plus d’un tiers des victoires de son équipe. Le Russe est, avec 22 victoires en 25 parties, le second meilleur contributeur du championnat, juste derrière Flavien Coton et ses 25 succès (en 31 parties).
Dans son sillage, le numéro 35 au classement WTT comptera sur la solidité de son compatriote Lev Katsman et évidemment sur Simon Gauzy, qui, quinze ans après le titre remporté avec Levallois, pourrait de nouveau goûter aux plaisirs d’une victoire sur ses terres.
Fort d’une saison pour l’instant parfaitement maîtrisée, Hennebont tentera ce week-end de décrocher un sixième titre en vingt ans et ainsi confirmer son statut de meilleur club du XXIe siècle sur la scène nationale masculine.

Premier sacre pour le SPO Rouen ?
Défait en finale par Hennebont en 2022-23 et par Pontoise-Cergy l’année suivante, BruilleRouen est souvent passé proche de monter sur la plus haute marche du podium… mais n’a finalement jamais goûté au plaisir incommensurableRobinotitre. Après une saison régulière maîtrisée et une demi-finale remportée de justesse contre Bruille, cette affiche, jouée à domicile, représente pour les Normands une occasion en or d’effacer les désillusions vécues ces dernières années. Stéphane Hucliez, coach de l’équipe, revient sur cet exercice 2025-26 réussi :
« L’objectif de la saison était d’atteindre les playoffs. J’avais demandé aux dirigeants du club de renforcer l’équipe. Thibault Poret, normand de naissance et Alvaro Robles, joueur expérimenté, sont venus rejoindre Alexandre Robinot et Lilian Bardet. Les quatre joueurs ont été performants, m’offrant l’opportunité de jongler entre les positions sur les feuilles de match. Cette homogénéité au plus haut niveau a été notre véritable force tout au long de la saison régulière. En playoffs, face à Bruille, nous n’avions pas pris le meilleur départ (0-2) mais grâce à notre cohésion, nous avons réussi à renverser la vapeur et ainsi aborder le match retour avec un petit matelas d’avance, finalement suffisant pour se qualifier malgré une nouvelle rencontre serrée ».
Si Stéphane entrevoit la finale avec optimisme, il connaît la force d’Hennebont et aborde cette rencontre dans la peau de l’outsider :
« Sur le papier, nous ne sommes pas favoris. Ils possèdent en Vladimir Sidorenko un atout majeur, affichant plus de 80% de victoires en saison régulière. Il évolue à un excellent niveau, c’est un très grand joueur. Avec Simon Gauzy, Lev Katsman et potentiellement Wen Ruibo, la tâche s’annonce compliquée mais nous nous battrons jusqu’aux derniers échanges. Nous allons nous réunir à partir de mercredi à Rouen pour préparer au mieux ce rendez-vous. Nous avons un appartement proche de la Kindarena pour prendre nos repères le plus tôt possible et ainsi jouer notre meilleur niveau lors de la finale. Il faudra être opportuniste et bien rentrer dans la rencontre, j’ai confiance en mes joueurs, l’état d’esprit est top ».

La composition probable des deux équipes
SPO Rouen :
Thibault Poret : 18 victoires – 10 défaites
Lilian Bardet : 12 victoires – 6 défaites
Alvaro Robles : 11 victoires – 9 défaites
GV Hennebont :
Vladimir Sidorenko : 22 victoires – 3 défaites
Simon Gauzy : 12 victoires – 8 défaites
Lev Katsman : 12 victoires – 7 défaites
Zhou Qihao : 2 victoires – 2 défaites
En bref
Pour sa première saison dans l’élite masculine du tennis de table français, le promu Bruille se sera signalé avec brio. Malgré une cruelle défaite contre Rouen en demi-finale après une saison régulière réussie, le club nordiste sera, à coup sûr, un prétendant sérieux au titre lors des prochaines années.
Dans un exercice marqué par un calendrier chargé, l’Alliance Nîmes-Montpellier n’aura pas réussi à se hisser en finale et ainsi défendre ses chances de doublé. Battue en finale de la Ligue des Champions lors du match décisif contre Sarrebruck, l’équipe des frères Lebrun reviendra en 2026/27 avec l’ambition de briller sur tous les tableaux et cette fois-ci, de les remporter.
Dans le milieu du classement, Roanne pourra nourrir des regrets avec sa cinquième place et ses 49 points. À égalité avec l’ANMTT, le départage aux parties remportées aura eu raison des champions en titre. Parmi les belles satisfactions, Florian Bourrassaud et Elias Ranefur ont brillé, terminant chacun avec 16 victoires et 9 défaites. De bon augure pour l’année prochaine.
Thorigné, La Romagne et Angers ont assuré le maintien avec un petit écart sur le promu Caen, et une belle longueur d’avance sur Pontoise-Cergy, lanterne rouge de cet exercice 2025-26. Les deux équipes dernièrement citées sont reléguées à l’échelon inférieur et évolueront en PRO B l’année prochaine.
Rouen et Hennebont sont les deux seuls rescapés d’une saison régulière marquée par l’homogénéité d’un championnat qui ne cesse de progresser au fil des années. Dans une Kindarena de Rouen apprêtée pour l’événement, le SPO tentera, à domicile, de sortir vainqueur de l’ultime joute de la saison. Il faudra pour cela passer sur l’ogre breton, rendez-vous le 29 mai à 20h45 pour connaître le dénouement de cette explication entre les deux meilleures équipes de la saison.
@Remy LARQUETOUX
