Félix et Alexis Lebrun, regards croisés sur leurs sacres à l’Europe Smash

Après une semaine particulièrement dense à Malmö, les frères Lebrun repartent de Suède avec un nouveau titre en double et, pour Félix, son premier sacre en Grand Smash en simple. Une victoire qui permet également au duo français de récupérer la première place mondiale en double. Au classement mondial en simple, Félix grimpe à la deuxième place, tandis qu’Alexis pointe désormais au neuvième rang. Entre les records qui s’accumulent, la valeur de ce nouveau titre et le rôle du double dans leur parcours en simple, Alexis et Félix Lebrun reviennent sur une semaine qui confirme encore un peu plus leur place parmi les meilleurs joueurs du monde.

Félix Lebrun

En un tournoi, tu réalises plusieurs exploits : premier Français et deuxième Européen à remporter un Grand Smash en simple, quatrième joueur à gagner un même Grand Smash en simple et en double, et troisième Français à atteindre la deuxième place du classement mondial. Quelle importance accordes-tu à ces records ?

C’est compliqué de donner un sentiment par rapport à ce genre de records parce que la WTT a commencé il n’y a pas si longtemps. C’est surtout beaucoup de fierté, de joie d’avoir pu faire un tournoi de ce niveau-là et d’enchaîner aussi pas mal de résultats au plus haut niveau cette année, que ce soit des demi-finales, des finales. Et de temps en temps, c’est encore mieux quand ça gagne évidemment. Ça prouve aussi qu’on est sur le bon chemin et qu’on se rapproche des plus grands titres petit à petit, en tout cas, on l’espère.

Le seul Français champion du monde en simple reste Jean-Philippe Gatien, en 1993. Il disait récemment que ce titre « reste à vie » le plus grand de sa carrière. Que représentent ces titres de Grand Smash dans ta carrière pour l’instant ?

Pour l’instant, le titre de Grand Smash fait partie quand même des plus beaux titres que j’ai eus. Après, je ne considère pas que c’est le plus beau. Je pense que, dans notre sport, les championnats du monde et les championnats d’Europe restent les compétitions phares. Ce sont des compétitions où tous les meilleurs joueurs sont présents. Je ne néglige pas du tout l’importance de cette compétition et je suis, comme je l’ai dit, très heureux et très fier d’avoir pu remporter ce tournoi, en double et en simple en même temps. C’est quand même quelque chose qui restera marqué dans mon palmarès à la fin de ma carrière.

Sur toute la semaine, tu perds exactement trois sets en simple — et à chaque fois, c’est le troisième set du match, jamais un autre. Comment tu t’expliques ça ?

Je n’avais pas vraiment fait le lien du troisième set à chaque fois. Peut-être que l’adversaire commence à s’habituer à mon jeu, peut-être que je trouve des solutions aussi et me surprends au début du troisième set, ce qui fait que j’ai perdu mes trois troisièmes sets. Mais sur d’autres compétitions, c’est le premier set, sur d’autres c’est le deuxième. Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose en particulier par rapport à ça. Et le fait de n’avoir perdu que trois sets dans tout le tournoi, et aussi en double, où on n’a perdu qu’un seul set, c’est hyper satisfaisant d’avoir pu dominer la compétition de cette manière-là.

Alexis Lebrun

Vous retrouvez la place de numéro un mondial en double avec Félix après un parcours très solide à Malmö. Un deuxième titre en Grand Smash, ce n’est pas anodin ! Comment vis-tu cet été chargé mais ponctué de bons résultats ?

Cet été, c’est vrai qu’il a été assez chargé, mais avec de très bons résultats. Donc, de le finir comme ça, avec un deuxième titre en smash, et en retrouvant la première place mondiale en double et la neuvième en simple, c’est évidemment une grande fierté.

Penses-tu que le fait de jouer en double permet à Félix et toi d’être meilleurs en simple dans une même compétition ?

Je pense, oui, que le double nous aide à être meilleurs en simple aussi, parce que ça nous donne beaucoup de rythme et puis ça permet aussi, dans des moments où on va se sentir peut-être un peu moins bien, de reprendre de la confiance. Ça n’a pas été le cas là, sur cet Europe Smash, où on s’est tous les deux très bien sentis, mais c’est vrai que l’enchaînement des matchs et la prise de confiance, quand tout se passe bien comme sur cette compétition, ça permet d’arriver sur la fin de compétition avec énormément de confiance.

Tes deux dernières confrontations avec Harimoto se sont soldées par une défaite en quatre sets, mais à chaque fois très serrées. On sent qu’il manque peu de choses pour repasser devant, comme tu avais su le faire au WTT Champions de Montpellier. Qu’est-ce qui pourrait faire basculer la donne, selon toi ?

Et oui, les deux dernières fois, j’ai perdu 4-0 sur Harimoto, avec des scores assez sévères par rapport à ce qui s’est passé pendant le match. Je pense qu’au WTT Champions de Montpellier, j’ai forcément été aidé  par le public pour faire basculer le match en étant mené 2-0, mais ça reste un très, très bon joueur. Les premières fois que je l’ai joué, j’avais réussi à plus l’embêter que ces deux fois-là, mais je pense que j’ai encore à travailler pour arriver au niveau de ces joueurs-là. Lui, il était très en forme aussi sur ces deux semaines, donc c’est vrai qu’actuellement, quand il est dans les trois-quatre meilleurs joueurs du monde et joue son meilleur tennis de table, je suis un petit peu en dessous. Et c’est ce qui a été le cas sur Harimoto. Mais je sais qu’il suffit que j’arrive à les faire douter un tout petit peu pour pouvoir les battre. Mais ça n’a pas été le cas aujourd’hui, donc je vais continuer à travailler pour essayer de me rapprocher de ce niveau-là.

Retrouvez les frères Lebrun et tous les meilleurs joueurs et joueuses du monde au WTT Champions à Montpellier, du 27 octobre au 1er novembre prochain !

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