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C. Palierne : "Un message d'unité"

Publié le : 14/12/2017
Modifié le : 14/12/2017

L’Assemblée Générale de la Fédération Française de Tennis de Table s’est tenue samedi dernier à la Maison du Sport français. Le président de la FFTT, Christian Palierne, revient sur les messages qu’il a tenu à faire passer.

Quel a été le sens du discours que vous avez fait lors de l’Assemblée Générale de la Fédération ?

Ce qui était important, c’était de resituer la Fédération Française de Tennis de table dans le cortège des fédérations olympiques, notamment vis-à-vis de la tarification des licences. Notre licence fédérale est celle dont le tarif est le plus bas de toutes les fédérations olympiques : aujourd’hui, nous sommes à 18,10 euros, alors que la plupart des fédérations olympiques sont au-delà des 25-26 euros, parfois jusqu’à 30, 50 voire 60 euros. Avec des systèmes de quotes-parts entre les régions et les départements différents dans ces fédérations où tous essaient de travailler et de réfléchir ensemble…Il n’y a pas d’autonomisation telle que nous le connaissons au niveau de la Fédération de Tennis de Table, où départements et régions sont assez indépendants. La conséquence chez nous est qu’il n’y a pas de concertation ni d’unité dans nos actions, donc le message que j’ai voulu faire passer était un message d’unité : les instances départementales et régionales sont la Fédération française, il n’y a pas le siège à Paris d’un côté, ces instances de l’autre, nous sommes tous ensemble. L’histoire fait cependant que nous avons perdu cette notion d’unité par rapport aux autres fédérations. Aujourd’hui, elle peut se faire au travers des finances, parce que l’évolution et le développement du sport se feront par rapport aux finances.  

Ces questions budgétaires sont cruciales, selon vous…

Oui, et j’ai montré une diapositive des budgets des différentes fédérations olympiques en tenant compte du prix des licences fédérales et du nombre de licenciés. Quand on voit qu’une petite fédération comme la lutte a 3,5 millions d’euros de budget pour 21 000 licenciés, alors que nous, nous n’avons que 5,2 millions pour 190 000 licenciés, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Notre fédération n’est pas puissante, parce qu’à travers ce budget, elle ne peut pas faire d’actions, elle ne peut que gérer ses compétitions et son siège.

C’est difficile après de faire des opérations de visibilité et de faire parler d’elle. A côté, nous ne pouvons pas faire preuve de solidarité vis-à-vis de nos instances, parce que nous ne pouvons pas les aider financièrement. Ce qui est dommage, c’est que quand une ligue qui vient de fusionner a des difficultés financières et demande l’aide de l’instance nationale, je réponds que nous ne pouvons, pas parce que nous n’avons plus de trésorerie, alors que la Fédération doit être solidaire. Les autres fédérations le sont, elles aident leurs instances régionales et départementales via des conventions, alors que chez nous, chacun fait ses actions dans son coin. Si bien qu’on gaspille un peu d’argent, qu’on perd en cohésion et en échange. A l’arrivée, on s’appauvrit financièrement et au niveau de nos relations. Il faut remettre à plat tout ça, il n’est pas question d’appauvrir le département ou la région, mais il est question de trouver une meilleure cohérence financière de nos actions pour avoir plus d’efficacité et de pertinence mais aussi une fédération solidaire.

Quelles solutions préconisez-vous ?

La solution, c’est la concertation. Il faut que tout le monde soit à l’aise pour trouver quelque chose qui corresponde bien au tennis de table. Nous avons des exemples de fédérations, où départements et régions peuvent se voter des frais de gestion par rapport à chaque licencié jusqu’à concurrence d’un certain montant (15 euros par exemple), et la même fédération retourne 6 euros sur les 32 de la licence fédérale à la région. C’est un exemple. Les solutions sont des parts de gestion par département, par région, en fonction des projets, des vraies conventions avec la Fédération avec des vrais suivis et concertations, il faut qu’il y ait du lien entre les instances.

Le budget prévisionnel a été adopté, à combien se monte-t-il ?

Le budget 2018 a un peu régressé, il est à 5,2 millions, il y a eu une augmentation du coût de la part fédérale de la licence de deux euros. J’avais demandé cinq euros en conseil fédéral, ça n’a pas été retenu, donc ce budget a été accepté, un peu dans la difficulté en raison du budget de la Coupe du monde qui n’avait pas été intégré dans le budget présenté.

Comment se présente cette Coupe du monde ?

Aujourd’hui, on a déjà vendu plus de 100 000 euros de billets et la journée de samedi est quasiment pleine. Quelques-uns ne croyaient pas du tout à cette Coupe du monde à Disney, parce que le lieu est cher en droit d’entrée pour organiser. Mais aujourd’hui, on se rend compte que le mythe Disney fait son effet : organiser une phase finale de Coupe du monde avec les vingt meilleurs joueurs du monde à Disney suscite une curiosité, un centre d’intérêt. Nous avons obtenu une réduction de 25% sur le droit d’entrée dans le parc avec l’achat d’une place, et des chambres d’hôtel à coût réduit. A nous maintenant d’utiliser ces atouts pour trouver des partenaires, c’est pour ça que j’ai chargé de mission Michel Kerdoncuff vice-président de la ligue de Bretagne, directeur administratif de la Chambre de commerce et d’industrie de Brest, pour trouver des partenaires. Le but est de chercher des partenaires asiatiques, parce qu’une Coupe du monde n’est pas franco-française : sur les vingt joueurs, il doit avoir une quinzaine de joueurs asiatiques, donc il faut aller chercher les partenaires là-bas. Sachant qu’il y a 45 millions de téléspectateurs sur cet événement en Asie et que des sociétés de ces pays ont envie de pénétrer le marché français et européen, cette Coupe du monde peut être une bonne occasion pour elles de se faire connaître.

Cette Coupe du monde interviendra au milieu de l’olympiade, comment se présente cette olympiade pour les équipes de France ?

Elle se présente sous de bons auspices, sous l’auspice de la progression pour nos jeunes joueurs, avec Simon Gauzy qui est maintenant bien installé parmi les meilleurs joueurs mondiaux, Emmanuel Lebesson toujours là et Tristan Flore qui est malheureusement blessé. Les derniers résultats sont satisfaisants avec de nouveau un podium au Luxembourg. L’équipe de France, depuis les premiers Jeux Européens de Bakou, fait des podiums sur les épreuves par équipes, à elle maintenant de mûrir pour qu’aux Championnats d’Europe à Nantes en 2019, elle puisse faire une finale, c’est l’objectif. Les féminines ont quant à elles réussi à créer une belle surprise en faisant un bon résultat au Luxembourg, alors que c’est une équipe qui est jeune, en construction. Nous avons des joueuses qui travaillent énormément avec beaucoup d’envie d’y arriver. Je pense à Stéphanie Loeuillette, Marie Migot, Audrey Zarif, Pauline Chasselin. Il faut faire en sorte qu’elles puissent s’épanouir. On peut espérer un avenir meilleur pour nos jeunes filles.

Avec un objectif à plus long terme de briller à Paris en 2024 ?

Oui, l’idée fondamentale est de garder en ligne de mire Paris 2024 qui doit, pour moi, permettre à la fédération de mûrir et d’adopter un fonctionnement beaucoup plus d’entreprise que de gestion du quotidien et des compétitions. Les fédérations s’ouvrent, deviennent des PME, il faut évoluer. Moi, je suis de transition, mais nous avons des jeunes dirigeants au comité directeur qui, je l’espère, auront leur carte à jouer par la suite, il faut avoir foi en l’avenir et en la jeunesse.