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Hadrien Raulet : « Nous croyons au potentiel de l’Ultimate Ping »

Publié le : 15/02/2018
Modifié le : 15/02/2018

Désireux d’encourager de nouvelles pratiques du tennis de table, le président de la Fédération Française de Tennis de Table, Christian Palierne, s’est récemment rapproché des responsables de l’Ultimate Ping France pour réfléchir à la façon de développer cette discipline qui fait de plus en plus d’adeptes. Hadrien Raulet, chargé de mission « nouvelles pratiques » à la FFTT, évoque le projet en cours.

Pouvez-nous nous présenter l’Ultimate Ping ?

L’Ultimate Ping est une discipline qui vient d’Allemagne. Elle est apparue en France au début des années 2010 et se pratique aujourd’hui régulièrement dans les clubs, en général en fin de saison, avec un équipement qui, pour l’instant, n’est pas très développé. C’est du tennis de table mais avec des dimensions différentes : au lieu de jouer sur une table, la surface est de quatre tables avec un filet qui mesure 32 centimètres au lieu de 15,25. Sinon, le reste du matériel est le même : on joue avec des raquettes et des balles identiques, en simple ou en double, et le système de comptage est à peu près le même avec quelques spécificités dans le règlement, comme les services qui doivent être en diagonale en fonction que ce soit pair ou impair. Nous sommes donc sur une discipline qui est du tennis de table.

Une discipline que la Fédération souhaite développer, concrètement, où en est-on ?

Nous avons rencontré début novembre les responsables de l’Ultimate Ping France avec Christian Palierne et d’autres membres de la Fédération. Cette réunion a été très constructive : de notre côté, nous avons présenté notre projet qui est de s’orienter vers les nouvelles pratiques du tennis de table, avec le thème de l’innovation cher à Christian Palierne, afin d’augmenter notre nombre de licenciés. De leur côté, ils nous ont fait part de leur volonté de développer leur discipline, de la faire connaître et de renforcer l’événementiel à travers l’organisation de tournois. Au terme de cette réunion, nous nous sommes mis d’accord pour collaborer. Ce projet a ensuite été présenté au bureau fédéral qui a voté à l’unanimité la création d’un groupe de travail, qui, pourquoi pas à terme, pourrait déboucher sur la constitution d’une commission nationale qui aurait sa place à part entière au sein de la Fédération.

Vous souhaitez donc accompagner une dynamique, c’est ça ?

Oui, le but est d’officialiser cette discipline, car nous sentons que dans les clubs, les gens sont très demandeurs de la pratiquer, donc notre objectif, à terme, est d’organiser des compétitions, de mettre en place un calendrier, avec notamment un championnat de France, des Opens. Nous travaillons pour cela main dans la main avec l’Ultimate Ping France, nous sommes dans une démarche de collaboration : eux ont déjà une structure d’une dizaine de personnes qui s’occupent de développer la discipline, ils organisent un Open au mois de juin, sur lequel nous allons essayer de les accompagner. Au départ, la Fédération est vraiment dans une logique d’accompagnement, avec ensuite l’objectif que l’Ultimate Ping fasse partie intégrante de la Fédération Française de Tennis de Table, tout en conservant une autonomie de fonctionnement, comme une fédération associée, à l’exemple du jujitsu avec la Fédération Française de Judo. Nous croyons beaucoup au potentiel de l’Ultimate, c’est une discipline spectaculaire qui présente un double intérêt pour la FFTT : d’abord, elle pourrait nous permettre de conserver des licenciés qui commencent à se lasser de la pratique classique du tennis de table et qui ont envie de faire quelque chose de différent ; ensuite, elle permettrait d’attirer un nouveau public. Par exemple, l’Ultimate Ping a été développé au sein du club de la Croix-Rousse, à Lyon, où ont été créés des créneaux dédiés ; résultat : ils ont gagné une dizaine de licenciés qui ne font que cette pratique.

Vous fixez-vous des objectifs en termes de développement ?

Aujourd’hui, le chantier est immense : il va falloir déjà développer le matériel, développer la communication auprès des clubs, organiser un calendrier de compétitions… Si on met demain en place une licence d’Ultimate Ping, on n’aura peut-être que 500 ou 1000 licenciés, mais si ça se développe dans les clubs, s’ils mettent en place des créneaux, comme c’est le cas aussi à Villeneuve-sur-Lot par exemple, nous arriverons petit à petit à gagner des licenciés. C’est vraiment le début d’une aventure, mais nous sentons qu’il y a un potentiel.

Un potentiel auprès de quel public en particulier ?

Aujourd’hui, ceux qui sont les plus intéressés par la discipline sont les adolescents et les jeunes adultes, je dirais les 15-25 ans, qui commencent à avoir envie de voir autre chose et sont demandeurs d’une pratique à la fois plus ludique et plus « défoulante » que le tennis de table classique. C’est une discipline qui nécessite aussi moins de technique, il y a moins de contraintes et moins de frustration.

Finalement, cela correspond à la demande croissante que l’on constate dans de nombreux sports d’une pratique plus loisir et ludique ?

Oui, clairement. L’objectif de la Fédération à travers le développement de l’Ultimate Ping est justement d’aller chercher des nouveaux licenciés en loisir, un peu sur le modèle du badminton qui a attiré pas mal de pongistes, parce que c’est un sport moins contraignant et dans lequel on se défoule plus facilement. Là, avec l’Ultimate Ping, on perdra peut-être moins de licenciés vers le badminton ou le squash. Nous avons donc cette vision loisir, mais nous avons aussi l’objectif de développer une pratique de haut niveau, parce que c’est également par la visibilité qu’offre le haut niveau, avec son côté spectaculaire, que l’on parviendra à communiquer autour de cette discipline.